Le Portel

Un hameau de marins pêcheurs a levé l’ancre d’Outreau, village d’agriculteurs auquel les Portelois étaient rattachés jusque leur indépendance en 1856.

Les Portelois ? On les dit échoués là à la suite  d’une violente tempête. Des naufragés de l’histoire, tantôt colons venus d’Espagne, tantôt survivants de la Grande Armada que Philippe II lança contre l’Angleterre en 1588…
Perdus là en tout cas, mais agrippés comme des moules à leur rocher avec l’intention d’y rester désormais.

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Comme à Audreselles, les gens de la mer suspendent les constructions en haut d’impressionnants remparts de pierres et de béton.  Ils savent sans doute, plus que les riches actionnaires des stations balnéaires alentour, que rien, ni l’argent des hommes, ni les prières à la vierge, ni aucun pacte avec les sirènes, ne peut résister à la puissance des flots.

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Tandis que le Fort de l’Heurt se meurt ainsi, dans une dernière guerre livrée avec les éléments, le Phare d’Alprech, un peu plus en retrait sur le chemin des douaniers, livre aux regards des badauds son étonnant escalier aux vents salins.

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Avec 1 kilomètre 500 de plages de sables fin, au Portel, on se plait tout de même à croire aux beaux jours d’une cité ravagée par la dernière guerre mais non dénuée de charme.

Une petite dédicace à Emmanuel qui m’encourage à avancer.

On quitte le port de Boulogne pour un bain de nature iodée, entre le phare et Equihen ?

Renseignements utiles
• Tout sur l’histoire de la cité
• Sur le Phare d’Alprech, monument historique
• De belles photos anciennes et des histoires des marins du Portel et de leurs dames

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Boulogne, au sud.

Quitter Boulogne-sur-Mer comme on l’a commencé, de gris, de noir et de blanc.

Gris comme le sable mouillé, plaqué à terre par un ciel intimidant.
Noir comme le Quai Napoléon battu par la violence des éléments.
Blanc comme l’écume léchant cette pierre en souffrance.
Comme une caresse avant les coups.

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De la douleur du rien.
Car rien ne demeure ici, mise à part la mélancolie, débordante comme une lame d’eau, ou le souvenir d’une blessure, d’une brisure, qui te saisit.
L’ancien site sidérurgique qui occupait la place, véritable chancre paysager en bord de mer, a totalement disparu mais semble avoir laissé une empreinte délétère, de celles qui ne s’effacent pas comme ça.
Le port des car ferries aménagé à sa suite s’est vidé de toute activité au profit de Calais.
Un projet de lycée maritime aurait du aboutir mais les politiques ne se sont pas entendus pour le réaliser.
Les pêcheurs à quai restent les seuls à ne pas déserter les lieux. Taciturnes, protégés par le rempart de la digue Napoléon, ils échafaudent d’improbables marches constituées de gravats glanés aux alentours pour lancer leur ligne. Il ne reste qu’à attendre que le destin d’un poisson plat ou mieux, d’un bar s’emmêle à ce décor d’ennui.

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Mais il n’y a jamais rien tant qu’il y a des bateaux.

Et parmi les bateaux, des flobarts, en attente d’un rendez-vous de plaisance.

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Prochaine étape : le Portel.

 

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Capécure, Boulogne

Capécure est le premier centre européen de transformation des produits aquatiques. Un centre de transformation de produits aquatiques, de l’extérieur, cela ressemble à ça : des quais et des voies desservant des boites à sardines géantes… des haies de camions… En vérité, il faut se lever très tôt le matin pour voir la zone s’animer.

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La consommation par les français des produits de la mer transformés ne cesse de croitre. Pourtant, ici on désarme des bateaux de pêche et on s’inquiète des cours, des autres places industrielles de par le monde, des réserves halieutiques et des quotas.

Boulogne, depuis peu, n’est plus le premier port de pêche français. Plus qu’un signal, c’est le symbole que rien ne sera plus comme avant, quand les boulonnais allaient extraire leur paie directement dans la mer…

Les chalutiers d’aujourd’hui sont imposants, colossaux. Avec des coques en métal renforcé que l’économie d’aujourd’hui a malgré tout transformé en argile…

La vie des pêcheurs est d’une rudesse incroyable, autant que l’avenir est incertain désormais.

A l’ombre des méga navires de pêche croisant sous pavillon hollandais, ceux de Boulogne laissent transparaître encore sur l’acier l’amour de la mer, du métier, mais aussi l’humilité que tout marin professionnel se doit de garder face à la toute puissance des flots.
En plaçant l’équipage des bateaux sous la protection d’une étoile céleste, d’une trinité couronnée, du nom de la vierge ou d’un saint…

 

La vie économique de Boulogne changera inexorablement.
Ici, dans une station expérimentale, on se prépare à vivre encore des produits de l’après pêche… En attendant, tant qu’il y a des marins…

Ca peut être utile…

Le port de Boulogne

Nous voici au port de Boulogne, comme sur le sein d’une femme de caractère qu’on a laissé s’endormir depuis plusieurs dizaines d’années.
Par temps lourd, l’air se charge d’odeurs de poisson pané…
Cette femme respire encore…

Enfant, je croyais que la chanson Chacun fait c’qui lui plaît désignait cette ville côtière du Pas-de-Calais.
Pendant qu’ Boulogne se désespère j’ai d’quoi m’remplir un dernier verre..
La chanson fait référence à une parole de Sartre sur Boulogne Billancourt !

A Boulogne, « Boulogne-vraiment-sur-la-mer », on désespère surtout de revoir de l’industrie et surtout du poisson. Plus de 130 000 tonnes/an déchargées dans les années 70.  Plus que 30 000 maintenant… Longtemps premier port de pêche français en tonnage débarqué, Boulogne s’est fait détronner tout récemment par Lorient, cependant que Capécure, fleuron économique de la ville, reste un leader européen de l’industrie de la transformation du poisson. Tout en restant dépendant d’une compétition internationale acharnée …

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A Boulogne, on désespère aussi qu’un porte containers de peintures de toutes les couleurs vienne échouer sur la Pointe de la Crèche. Ce qui aurait permis de ravaler les façades de la cité.  On sent qu’il ne manque presque rien pour donner un charme incroyable à celle-ci.  Cela aurait pu compenser la baisse de fréquentation touristique consécutive à la disparition du trafic transmanche sur la ville.

La ville a de surcroît des atouts. Il y a, perché sur les hauteurs, une citadelle charmante, ceinte de remparts antiques et possédant un musée remarquable. Il y a un marché très animé chaque samedi matin, place Dalton. Il y a, certes, l’intrigante statue de Napoléon tournant le dos à l’Angleterre… Il y a bien-sûr Nausicaa, un des plus grands aquariums d’Europe…

Mais la véritable attraction, c’est encore le quai Gambetta et ses étals de poissons.
Ils sont une vingtaine en tout, approvisionnés par les arrivages du jour débarqués de plusieurs dizaines de navires de pêche artisanale.
Ces navires sont alignés le long du quai le dimanche, jour de repos,  quai Gambetta, là où la Liane rencontre la mer.

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Les femmes de la mer, les femmes de Boulogne, l’âme féminine de Boulogne est là, parmi ces étals, et c’est en soi aussi un spectacle que de voir celles-ci s’affairer à préparer le poisson sous le regard attentif des clients et des passants…
Femmes de marins-pêcheurs et fruit de la pêche de chaque jour sont ici réunis sur 100 mètres d’un linéaire des plus attrayants pour les amateurs poisson de saison…
Femmes laborieuses, attachantes. Elles font virevolter les écailles comme des poussières d’argent sur leur vêtements…
Mais les gants et les tabliers ne cachent ni l’élégance, ni l’inquiétude des femmes de marins.
La mer est une mère qui donne et une sirène qui reprend, même aujourd’hui.

Tous les deux ans, une autre attraction s’offre à la ville à l’occasion des fêtes de la mer organisées par la Fédération Régionale pour la Conservation du Patrimoine Maritime. Il s’agit d’un véritable hommage populaire aux gens de mer et aux navires vénérables qu’ils ont pu préserver des outrages de l’eau salée, des embruns et du temps… De la rentabilité aussi…

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Hommage, aussi, aux fastes du passé, quand Boulogne se distinguait déjà , dès le XIXème siècle, comme un des principaux port de pêche français. La pêche au hareng ou au Maquereau, bien sûr… Une pêche qui suivait  le poisson au fil de la saison en Islande et ailleurs… La pêche au poisson frais sur les côtes, surtout.

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On trouvera Quai Gambetta les locaux de l’IFREMER et non loin de ceux-ci, le navire (ci-dessus) consacré à la recherche scientifique.

On trouvera aussi, Quai Gambetta les âmes qui rêvent de départs, ou de rencontres…

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Vous m’êtes tout à fait inconnue…
Vous attendiez, belle et paisible.
Vous étiez bien, là, devant les bateaux.
Comme l’est cette ville…
A cet instant, j’ai été gagné par cette quiétude qui semblait vous étreindre.
Alors j’ai pris cette photo.

La prochaine étape sera un tantinet moins…bucolique, disons…
Cap sur Capécure et sur l’industrie du poisson !

A savoir encore :

• Sur la création des 4 grands immeubles de bords de mer, un excellent petit dossier réalisé par la ville.
• Une page d’Histopale permettant d’accéder à l’histoire de la ville : l’étonnante tour Caligula, les vieilles photos du marché place Dalton, d’anciennes affiches…
 D’autres photos anciennes du port et particulièrement du quai Gambetta, ici
• Sur la situation de la pêche à Boulogne, voir le prochain article sur Capécure…
• Pour commencer à comprendre tranquillement  le rôle de l’Ifremer, notamment en Manche et mer du Nord…

La plage de Boulogne

Boulogne-sur-mer…
La ville ressemble à un gradin monté depuis plusieurs millions d’années pour le seul spectacle de la mer.
Un cirque dont la plage au nord de la ville serait la piste.

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Justement nous y voici, sur cette plage…
Les hommes y jouent toutes sortes de petits numéros.
Pour leur agrément, sous le regard des badauds.
Des planches, des chars, des cerfs-volants…
Les tours se jouent du vent.
La marée les efface.

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Plus loin , les phoques prennent la relève du ballet éolien derrière une vitre improbable. Nausicaa, centre de la mer construit en lieu et place de l’ancien casino, offre une fenêtre sur son propre spectacle…
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La plage de Boulogne, la première en France à accueillir un établissement de bains de mer (dès 1785), est devenue par la suite un lieu balnéaire important. Une centaine de « voitures baignoires » permettait la mise au bain des dames en ménageant leur pudeur. Et le sable entre les orteils…
Les installations industrielles jouxtant le port ont par la suite déprécié l’intérêt du site. Ce qui n’empêche pas que la plage soit bien fréquentée aujourd’hui, la disparition des infrastructures les plus laides aidant.

Avant d’aborder la situation problématique de la pêche , laissons-nous entraîner encore quelques instants par le ballet des chars à voiles (photos plus haut) et par la  » pêche dans la vague »…

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Prochaine étape : Le quai Gambetta et son port de pêche artisanale, toujours vivant !

Renseignements utiles :

• la plage est très facile d’accès et peut être fréquentée en permanence, ce qui n’est pas le cas de Wimereux et de Wissant, par exemple.
• L’histoire de Boulogne est  
• Un beau tableau de Manet sur la plage de Boulogne-sur-Mer

 

 

La Pointe de la Crèche

Un fort buriné par l’offensive des éléments et les rafistolages de maçonnerie, Une voie ferrée rongée. Les digues noires de Boulogne pour horizon. Des ambiances grises, renforcées par le gros temps qui s’annonce.
Alors j’ai tout passé en noir et blanc. Le lieu, le temps, les gens, la marée… tout m’y amenait. Les nuances de gris capturent mieux, je crois, l’éternité de ce lieu désolé, pourtant chargé d’histoire et d’improbables activités, que le regard perçoit une fois l’esprit libéré de ses appréhensions.

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Il y a là un fort. Un fort Séré de Rivières, comme on dit. Le Vauban du XIXème siècle, comme on dit aussi. Il y a là des rails partant d’une digue totalement désertée, dont on ne comprend pas bien où ceux-ci devaient mener. Et cette énorme digue, sorte de pierre philosophale qui se serait couchée, que la marée sépare du continent.

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Il y a eu aussi un empereur, Napoléon, qui tint campement et y distribua les premières légions d’honneur.Il y a aussi des parcs à moules et des pêcheurs professionnels à l’oeuvre sur leur parc avant l’immersion.

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Il y a la dernière vue sur Wimereux, l’entrée du port de Boulogne et ses activités de loisir…

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Il y a enfin la richesse naturelle, que l’on tente de protéger de la forte fréquentation humaine. Un pâturage adapté au maintien de certaines espèces botaniques y est depuis longtemps installé.

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La Pointe aux Oies fait un peu oublier sa voisine, encline à accueillir la rudesse de la ville portuaire de Boulogne qui la jouxte. Ce qui rend la Pointe de la Crèche un peu déconcertante, de ce fait.

Le Pointe de la Crèche, fenêtre avec vue sur la mer… Et vitres teintées de mélancolie.

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On arrive à Boulogne !

Renseignements pratiques :

Wimereux

La naissance d’une station balnéaire ressemble souvent à une partie de Sim City, Comme pour la majorité d’entre elles, la construction de la ville de Wimereux s’est jouée en version 1.9. Nichée entre la Pointe aux Oies et la Pointe de la Crèche, c’est en effet au 19ème siècle et à la révolution industrielle que la bourgade littorale doit, comme d’autres, sa raison d’être.

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Les jours heureux de Wimereux

Un empereur, d’abord, passe par là et décide de faire construire une ville pour sa Grande armée. Le projet ne se fait pas mais donne peut-être l’idée au maire de Wimille, dont dépend le hameau de Wimereux, de vendre des terrains pour y bâtir. Il se trouve aussi que le train y passe. Trop bien ! a-t-on du s’exclamer. Alors on construit une gare, puis une église et l’affaire est partie ! On est en 1867. Le train s’arrête pour la première fois dans ce hameau qui ne s’arrêtera plus, quant à lui, de grandir et de s’enrichir, jusque dans les années 30.

a54-100916-wimereux-22Le long du fleuve côtier, le Wimereux, auquel la ville doit son nom, on embrasse l’histoire des premiers pas de la ville : le pont ferroviaire, l’église, les premiers hôtels et le pont routier.

La crise (qui refroidit d’abord l’ardeur des Anglais jusqu’alors aussi déterminants dans l’essor de la ville que l’ont été les bourgeois et artistes nordistes et parisiens) puis la Seconde guerre ont stoppé l’élan de la première station balnéaire de la côte d’Opale, devenue commune autonome en 1899 et qui conserve encore aujourd’hui un charme indéniable, grâce à la plage et aux villas.

Au sortir de la guerre, Wimereux verra sa population renforcée par d’autres résidents, les « banlieusards » de Boulogne-sur-Mer, toute proche.

Et maintenant ?

De la frénésie de la Belle Epoque, il reste quelques villas , un véritable trésor pour l’Office de tourisme.

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Il reste aussi une promenade le long du perré souvent noir de monde.

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Bien sûr, la plage…

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Et les cabines de plages « customisées », curieusement étalées devant les entrées des maisons en front de mer…

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Sans oublier la station marine de Wimereux, qui devrait faire l’objet d’un prochain dossier…

L’avenir

Wimereux est une des stations les plus menacées par l’érosion littorale de la côte d’Opale. Chaque grande marée provoque l’assaut impressionnant des vagues que les brise-lame, disposés sur le perré, rendent plus spectaculaires qu’ailleurs…

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Le perré a cédé en 2015 aux coups de boutoir des flots lors des gros coefficients de février.

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Comme à Wissant, dans les premiers temps, on a procédé à l’enrochement des parties effondrées. Mais l’ensemble du perré semble fragilisé.

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Petit à petit s’éloignent le souvenir des courses à l’hippodrome et celui d’un certain Marconi, qui installa le premier télégraphe entre la France et l’Angleterre, ou plus loin encore, le « crash » du ballon dirigeable de Pilâtre de Rozier, première victime d’un accident aérien. La ligne de tramway jusque Boulogne a été démontée, le curieux train Renard desservant Ambleteuse et Audresselles mis à la casse. On vient maintenant chercher péniblement une place de parking pour quelques heures de soleil, d’écume, de frais, selon les caprices des saisons.

Mais cela en vaut bien la peine et Wimereux le mérite. La première station du littoral reste très belle.

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Prochaine étape : la Pointe de la Crèche !

Renseignements utiles :

• Tout pour la promenade tranquille, tout pour la baignade facile. Idem pour les sports nautiques. A part peut-être les chars à voile, il y a tout.
• L’histoire un peu plus détaillée de Wimereux est sur une page du site de la Ville. Pour une analyse beaucoup plus approfondie du patrimoine, de son histoire, de son identité, il est particulièrement intéressant de consulter ce dossier passionnant d’Olivier Lazzarotti sur le précieux site In Situ : Wimereux, station balnéaire de villégiature : la machine à habiter.
• Une fois n’est pas coutume, sur Wikipedia, un article assez bien fait sur les stations balnéaires : quand ? pourquoi ? comment ?
• Sur les aléas « Submersion marine » et les préconisations d’urbanisme, un pdf de la préfecture. Pour la carte qui concerne Wimereux, charger ici. A lire et à méditer avant d’acheter, de vendre ou de construire. Assez récemment (2014), l’évaluation des risques a été rehaussée.
• Un bel ouvrage, encore signé d’Olivier Lazzarotti, Rivages du Boulonnais, aux Editions A.M.A. Pour comprendre la dynamique du littoral et le fonctionnement de ses ouvrages de défense. Chaque foyer résidant entre Wissant et Wimereux devrait l’avoir !
• Le site du Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences, en attendant le dossier.

La Pointe aux Oies

Nouvelle avancée vers la mer et première prise de hauteur depuis le cap Griz-nez… La Pointe aux Oies, sans doute nommée ainsi à cause de l’importance du passage des migrateurs, permet d’embrasser du regard Ambleteuse, côté nord et d’apercevoir la digue Carnot de Boulogne, plus au sud.
La marée descendante découvre une très belle plage parsemée de masses rocheuses assez basses,  propices à la colonisation du site par les moules.

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Des oiseaux, il y en a. Des coquilles de crustacés aussi. Ceci explique peut-être cela.

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Des gens aussi il y en a. Autant qu’il y a de place pour marcher, d’arénicoles à pomper, de moules à cueillir, de bars à pêcher, de paysages à contempler, en vareuse, des hauteurs ou à l’abri, en prenant son petit déjeuner…

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C’est un site à histoires. Histoire de préhistoire, histoire d’empereurs, d’observatoire et d’envahisseurs que la mer envahit, que le vent finit.

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Erosion du trait de côte. Erosion des traits de l’histoire .
Des souches d’arbres vénérables, apparentes ça et là sur l’estran, ont pourtant été conservées dans la tourbe depuis plus de 10 000 ans. Leur trace en tout cas, aura résisté plus longtemps que le béton des hommes.

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Prochaine étape :  Wimereux, à laquelle la pointe est rattachée.

Renseignements utiles

• La Pointe aux Oies et sa plage se laissent accéder aisément. La Promenade de la baie de Saint-Jean passe par la Pointe aux Oies, partie intégrante de la promenade de la Slack, particulièrement recommandée au printemps après la pluie.
• Les amateurs d’archéologie trouveront interêt à cette étude de vestiges paléolithiques trouvés dans la tourbe de la pointe aux oies.
• Voici un excellent article sur les traces, vieilles de 12000 ans, de la forêt de la Pointe aux OiesPour en savoir plus sur le milieu naturel du secteur, la fiche du Muséum d’histoire naturelle 

Ambleteuse

A marée basse, par temps calme cette petite ville côtière est une reine. De ces reines nonchalantes et maternelles qui enveloppent de leur traîne tous les sujets : les baigneurs, les pêcheurs, les plaisanciers, les vendeurs de glaces et les promeneurs qui les mangent…

Ambleteuse, c’est l’endroit où je vais me baigner.

La plage n’est pas des plus accueillantes pour s’y allonger ou s’y tremper. Il y a bien du sable, mais pas en haut de plage. Il y a aussi des rochers. Il faut donc connaître un peu pour évoluer dans l’eau sans s’estropier. À cause de cela, la plage n’est donc pas remplie de baigneurs. Ceux qui se risquent se parlent, comme s’ils se connaissaient, comme si nager à Ambleteuse constituait une particularité qui les rendrait proches, complices… Ils partagent sans doute le goût des lieux un peu sauvages, un peu rebelles, un peu vivants.

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La plage est également vivante de la diversité de ses amateurs. On se plait à regarder tout en nageant les bateaux remonter au rythme du ballet des vieux tracteurs pimpants de couleurs, les chasseurs sous-marins ceinturés de leurs prises, les pêcheurs à pied courbés comme les paysans l’étaient jadis dans leurs champs, sans oublier les minots tantôt en botte, tantôt couverts d’une serviette de bain trois fois plus longue qu’eux.

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Les rochers donnent du caractère, mais surtout, il y a le fort. Un fort Vauban, puissant, trapu, en prise directe avec la mer comme on n’en voit plus souvent. Ce petit fort, vraiment, fascine. Il aliène notre regard. Tant et si bien qu’il parait inimaginable de prendre une photo présentant la ville sans que l’édifice ne soit au moins en arrière-plan.

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Le fort protégeait un port militaire aujourd’hui ensablé.

Le fort d’Ambleteuse a failli disparaitre comme celui d’Audresselles. Mais il a rencontré des amis qui l’ont à leur tour protégé.

Et puis, au cours du XIXème siècle les rivages d’Ambleteuse ont été désertés.  Alors que Napoléon prenait lui-même soin de cette position stratégique, par la suite, l’évolution des rapports avec l’Angleterre ne justifiait plus la présence d’une armada mouillant sur ce littoral. De plus, il n’y avait pas de pêcheurs, sans doute à cause de l’importance de la présence militaire dans une baie pas très grande. Le port, taillé le long de la rivière Slack s’est alors ensablé.

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Et les quelques pêcheurs qui s’y sont installés devaient déjà tirer sur le sable des navires adaptés, les flobards.
De pauvres gens qui « boutaient à flot » péniblement des navires, d’autres, encore plus pauvres, qui pêchaient à pied ou cueillaient les moules, avant la ruée vers les cabines de bain, c’était ça, Ambleteuse.

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Aujourd’hui, les tracteurs font le travail de mise à flots

Un parc à huîtres (dont on trouve encore les vestiges dans ce qui reste aussi de la baie) et une fontaine semblaient constituer les seules curiosités du secteur.

Il a fallu qu’un bourgeois éclairé dépasse le sentiment de désolation que semblaient provoquer les lieux pour croire à l’opportunité d’y édifier une station balnéaire que les deux grandes guerres ont abîmée et détournée de la plaisance sans vraiment y parvenir. A la première, les anglais, les portugais et même des chinois y étaient cantonnés. A la deuxième, une fois l’armée française en déroute, ce sont les allemands qui s’y sont installés pour veiller au Mur de l’Atlantique.

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L’oeil du fort a beau être fardé de béton depuis ce temps, le musée de la guerre a beau dominer les hauteurs de la ville et des navires militaires peuvent toujours s’exercer à l’horizon, rien n’y fait. Malgré l’atmosphère surannée que dégagent rues et maisons, Ambleteuse a changé de genre. Fini la guerre, place à la reine aux parfums de gaufre et de crème solaire que les belges, les allemands, les hollandais et les ch’tis ne se lassent pas de tartiner.

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Prochaine étape : la Pointe aux Oies

Renseignements utiles :

• L’agréable promenade le long du perré aboutit sur la Slack, au sud du fort. Cette barrière naturelle oblige à emprunter la rue de l’Ecluse jusque la D 940 qui traverse la Slack. Le petit parking en contrebas accède à un chemin pavé permettant de rejoindre la côte. Ce parking est le départ d’une promenade ravissante dans les dunes boisées et buissonnantes permettant de rejoindre la pointe aux Oies : la promenade de la Slack (on peut prolonger par la promenade de la baie de Saint-Jean).

• Pour approfondir ses connaissances, se procurer le livre de Daniel Leunens, Ambleteuse, une histoire moderne, aux éditions A.M.A. dont je n’ai qu’effleuré les histoires.

• Les Amis du Fort d’Ambleteuse à qui l’on doit de pouvoir admirer cet édifice aujourd’hui

..

Audresselles

Le perré s’érige comme un rempart entre la mer et ses questions importunes d’un côté, et les habitants et leurs secrets de l’autre. Qui peut savoir la part de vérité des histoires racontées à propos d’Audresselles, « village assis au coeur de la mer » ?

Pauvres pêcheurs

Ce qui est certain, c’est qu’Audresselles s’est depuis très longtemps consacré à la pêche et la plupart de ses habitations en témoignent encore à ce jour.

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La plage constitue un  port d’échouage pour les flobarts, les doris, et toute sortes d’embarcations employées aujourd’hui pour pratiquer la pêche de plaisance. Il n’y aurait plus qu’un seul pêcheur artisanal professionnel armant un doris métallique alors qu’Audresselles, longtemps 3ème port de pêche du secteur après Boulogne et Etaples, en comptait encore plusieurs dizaines au début des années 80.

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Audresselles est aussi connu pour la pêche à pied. Jadis pratiquée par les plus pauvres, elle intéresse aujourd’hui de nombreux vacanciers. Des professionnels aussi… L’abondance de roches incite les moules à beaucoup s’attacher à l’endroit. On trouve aussi des crabes. Jadis, les langoustes étaient fréquentes mais on dit ici que la préférence des mangeurs pour les langoustes plutôt que pour les crabes a permis à ces derniers de s’installer au détriment de la première espèce. La pêche à pied pouvait aussi consister à attraper des poissons dans des filets étendus sur le sable à marée basse. La vie s’alternait alors ainsi tantôt « al côte » pour pêcher, tantôt « al route » pour mendier. On faisait aussi du pâté avec les oiseaux côtiers.

A51-110808Audresselles01Les pêcheurs en surfcasting apprécient également les eaux  mises en mouvement par les rochers.

Et naufrageurs !

L’activité de pillage résultant de l’échouement des bateaux sur la « côte de fer »(nom donné au cap d’Audresselles) est tout à fait attestée. Le naufrage pouvait être provoqué délibérément par les populations locales. Il semble même s’agir d’une spécialité locale encouragée pendant un temps par le « droit de lagan »,  qui permet de disposer librement de ce qui est laissé par la mer, du varech jusqu’au contenu des bateaux ennemis. La provocation d’un échouement étant alors de bon aloi dans ce cas, alors on en maîtrisait bien les techniques. Tant qu’à faire…

A51'-090214Audresselles70A Audresselles on ne naufrageait pas seulement. On sauvait aussi les gens. Une station de sauvetage y a même existé pendant un temps, vers le cap Griz-nez, au nord du village, non loin du ruisseau du Noirda.

Le lieu touristique d’aujourd’hui.

Du perré ancien qui protège le village des assauts de la mer, de la côte de fer, véritable cascade de rochers semblant déborder du village sur l’entrant comme le ferait la lave d’un volcan, des petites maisons de pêcheurs, il ressort un charme authentique que les villas balnéaires on su respecter. Audresselles est désormais une station touristique appréciée pour la force de caractère de ses traits. Moins de la moitié des 600 maisons du village est aujourd’hui occupée par des résidents permanents.

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Il aurait encore à dire sur cette cité où a failli voir le jour un grand port financé par des investisseurs anglais (un projet avorté à la grande joie de Boulogne et de Calais), ainsi qu’une grande gare dont la municipalité rêvait…
Mais Audresselles est resté ainsi, un village assis au coeur de la mer, que le charme baigne, pour la plus grande joie des estivants belges, allemands, bataves, nordistes appréciant le grand air, la nature, la sobriété architecturale, les beautés simples et les embruns.

A51''-071012Audresselles012L’horizon au large d’Audresselles

Prochaine étape : Ambleteuse.

A50-090716-AUDRESELLES - 4Ambleteuse, vue à partir de la plage d’Audresselles.

Renseignements utiles :

• La plage parait difficilement accessible au prime abord. La structure des rochers permet d’évoluer assez facilement dessus. Attention toutefois au risque de glissade. A marée haute, il est conseillé d’opérer un repli stratégique vers les terrasses des cafés à l’ambiance sympathique et protégés des embruns. Il n’y a pas de digue piétonne mais des incursions entre les villas pour voir la mer et descendre sur la plage, ce qui peut rendre la promenade quelque peu déroutante. Au nord du village la promenade s’avère également un peu compliquée.

• Pour tout savoir sur l’histoire du village, la lecture d’un excellent ouvrage de Daniel Leunens sur lequel j’ai pu m’appuyer, est particulièrement conseillée.

• Des photos d’Histopale sur le village et sur la plage et les villas