Le long de la Digue du Braek

Une route désespérément droite, interminable, flanquée d’un large pan incliné vers la mer.  Et un phare à l’allure improbable, à l’image de la Flandre. Il marque le point final de ce long tracé. C’est le phare de Saint Pol, classé monument historique.  Et puis du monde, ou absolument personne, façon ambiance de la La mort aux trousses, version bord de mer. C’est la digue du Braek (brisoir, en flamand). Ce large rempart couvert d’un enrobé bitumineux de 6 km de longueur a été érigé là pour protéger les installations industrielles et le bassin minéralier (voir l’article précédent), creusé à 13 mètres de profondeur. Pour cela, 14 millions de mètres cube de sable ont été déplacés sur le site de l’usine afin de rehausser cette dernière à 9 mètres au dessus du niveau de la mer. Le complexe sidérurgique auquel la digue fait face depuis les années 60 sature l’atmosphère d’un bruit de fond permanent, parfois ponctué par celui des matières tantôt chargées dans les soutes des navires, tantôt déversées sur les quais. Le vent charrie parfois le parfum des brûlures. Une odeur de travail…  

Mais le soir venu…. Le Braek est  un lieu où la circulation est interdite… mais tolérée. Aux beaux jours les lieux sont même très fréquentés. La plage est très belle et surtout très pratique pour les familles et les camping-caristes souhaitant garder leur véhicule à portée de main. Hors saison, les pêcheurs en surfcasting y prennent leurs quartiers, en général en soirée. Et c’est sans aucun doute  au coucher du soleil que l’endroit a le plus de charme…

Ici, la pêche à la crevette se pratique à pied mais aussi avec le Manoot’che, un crevettier établi à Dunkerque.

Mais la pêche la plus courante, c’est incontestablement le surfcasting, ou « pêche dans la vague », pratiquée seul ou entre amis. Souvent, le Braek accueille des concours. Des cannes de plus de 4 mètres se retrouvent alignées. Le pêcheur doit alors scruter le mouvement des eaux à plusieurs dizaines de mètres ou avoir repéré les lieux avant que la mer monte. On cherchera la bâche , ce creux de sable où sont souvent les poissons, à moins que le bar, particulièrement recherché, ne soit provoqué au coeur des vagues, où il préfère chasser. A l’approche de la digue du Clipon désormais interdite d’accès à cause du terminal méthanier encore en construction et dont les cuves s’imposent à l’horizon, la nuit tombe sur les pêcheurs. Les prises s’annoncent belles, comme les couleurs.

Renseignements utiles : – Le pont de l’écluse Charles de Gaulle qui permettait de joindre la digue du Braek à partir de Dunkerque, en traversant le Risban ne fonctionne plus. Et il est peu probable qu’il soit réparé un jour… On ne peut donc plus passer, ce qui est extrêmement problématique pour les cyclistes et les piétons. Cette rupture récente oblige à contourner sur plusieurs kilomètres le bassin minéralier dans des conditions peu sécurisées, afin de joindre le Braek par Mardyck. – La zone du Braek est classée Natura 2000. Le site du port édite de passionnantes cartes de cette zone. – Et pour les nostalgiques des années 70, un petit film sur les loisirs pratiqués sur la digue !

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2 commentaires

  1. Bonjour Dominique, je pense que la tour que tu présentes est celle des dunes. La couverture radar du port est assurée par trois radars Le premier est au dessus de la vigie Est, le deuxième sur une tour a hauteur de l’écluse des dunes (milieu du port) et le troisième au bout du tenon ouest (Port Ouest). Cordialement Pierre Trollé

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