Le long de Gravelines (de la centrale à Petit-Fort)

Voir également le dossier thématique n° 7 attaché  : Les centrales nucléaires en bord de mer

Quand on évoque Gravelines, on pense immanquablement à la centrale nucléaire. S’y rendre pour l’agrément du lieu parait aussi crédible que de programmer une promenade romantique à Maubeuge au clair de lune. Pourtant Gravelines est une assez belle cité, encore marquée par le charme de ses fortifications et de ses canaux… La taxe professionnelle de la centrale apporte le reste : l’argent, pour les fleurissement et les infrastructures…  La ville ne s’est donc pas enrichie qu’en uranium,  du temps où Thierry d’Alsace, comte de Flandre, y établit son port,  jusqu’à la période contemporaine d’Albert Denvers, son maire pendant plus de 50 ans si l’on tient compte du mandat accompli par sa propre épouse… Albert Denvers a pour sa part donné à la ville une centrale, une communauté urbaine et une équipe de basket. Ah oui ! le basket aussi… Le lieu fut le théâtre d’un importante activité portuaire jusqu’à ce que l’embouchure de l’Aa s’ensable. C’est là que Dunkerque a ensuite pris le relais… Nous aborderons donc quelques aspects de Gravelines en focalisant comme il se doit les sites littoraux attachés à la commune : – la centrale nucléaire, lauréate des particularismes toutes catégories ; – et Petit Fort Philippe au couchant, quand même plus sympa que l’astrologie dans la Sambre…

La centrale nucléaire la plus…
C’est une centrale à six réacteurs,  l’une des deux plus grosses d’Europe. Elle détient le record de production énergétique au Monde jusqu’à ce jour… On peut d’ailleurs la compter dans le Top 5 mondial des plus grandes centrales depuis qu’une d’entre elles, plus puissante, est à l’arrêt au Japon. A28-160415CentraleGravelines2

La centrale de Gravelines ne devait compter que 4 réacteurs. Mais la destitution du Sha d’Iran a provoqué la dénonciation par Komeini d’un contrat de deux réacteurs destinés à ce pays . Comme quoi les temps changent… Quoiqu’il en soit, les deux orphelines ont été charitablement accueillies par Albert Deniers. Gravelines  est non seulement la plus grande centrale nucléaire de France,  mais est aussi bien seule à être installée sur un polder. C’est sur ce même polder qu’on eut à déplorer 1800 morts aux Pays-Bas et en Belgique, des suites d’une submersion marine en 1953… Sur quatre centrales sur des polders, trois sont d’ailleurs implantées sur le même…  D’où le dicton : « Point n’est besoin de tsunami pour avoir des soucis« .

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EDF  s’est senti contraint de remonter ses défenses de côtes. Elles culminent aujourd’hui à 9 mètres. Le Braek (voir article) est à 12m50, Arcelor est donc plus protégé que la centrale. Malgré cette défense, le risque de submersion ne peut peut pas être écarté. La centrale est en effet refroidie par l’eau de mer captée dans l’avant port de Dunkerque. La consommation d’eau de Gravelines correspond au débit de la Seine à Paris. Le canal d’amenée est au niveau de la mer, c’est donc un lieu par lequel l’intrusion marine peut se faire. La partie plus au Nord où sont les voies ferrées emmenant les déchets combustibles à la Hague ou au Tricastin serait également sujette au risque de submersion. Les batardeaux ne sont pas constamment mis en place et certains s’interrogent sur la suffisance du temps nécessaire pour les installer en cas de besoin. En cas de forte marée (coefficient supérieur à 110, il y en a plusieurs par an), les digues devraient suffire, sauf s’il y a conjonction d’un vent du large, d’une tempête et de la houle qu’elle déclenche.

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Derrière cette falaise de dune, une ferme aquacole de bars et dorades profite de la chaleur de la température de l’eau produite par la centrale.

La centrale se situe surtout au débouché de la vallée de l’Aa et au coeur d’un système d’évacuation des eaux intérieures à la mer (le système des wateringues). On évacue beaucoup moins d’eau en cas de marée particulièrement haute et à plus forte raison quand celle-ci est exacerbée par la houle. C’est donc à une invasion aquatique venue de l’intérieur qu’il faut aussi s’attendre. Une crue du Schelvliet, cours d’eau commandé par une écluse (plus de première jeunesse) qui, en cas de dysfonctionnement, provoquerait l’invasion des eaux de l’intérieur et comporterait un risque majeur qui aurait pour conséquence minimale d’isoler la centrale de son environnement et de rendre possible l’incident majeur par explosion ou fusion d’un coeur de réacteur (voir plus de détails). Tout cela est reconsidéré depuis Fukushima. La « Côte Maximale de Sécurité » a été recalculée et Gravelines n’est pas dans les clous. Et pour qu’elle le soit ça va coûter des sous… Le Long de la centrale s’étend une assez belle plage prisée pour l’activité nautique, la pêche en surfcasting, et le ramassage de vers pour cette même pêche.

Nous arrivons à Petit-Fort-Philippe

Ah ! Petit-Fort… … S’exclamait un ami journaliste quand il vit la photo ci dessus à la une que j’ai utilisée pour les réseaux sociaux. Il faut croire que la puissance évocatrice de ce lieu-dit emporté par la fantaisie d’un phare de carnaval, fermant la course lente de l’Aa, recèle de bons moments. A30-041013GrandFortPhilippe110

Petit-Fort-Philippe est un hameau de Gravelines datant du XIXème siècle. Son phare, doté de 116 marches domine depuis 1843 le niveau de la mer de 30 mètres. Tout blanc à l’origine, il fut repeint en 1924 car les marins peinaient à le distinguer. Il marque l’entrée du chenal de l’Aa canalisé permettant de joindre Gravelines, qui fut jadis un grand port desservant les marchands de draps de Saint-Omer jusqu’à son ensablement. La pêche à Islande et le commerce de denrées pour l’Angleterre furent peut-être, avec le bois nécessaire au chantier naval de Grand-Fort-Philippe, les dernières activités économiques nécessitant d’emprunter le chenal. L’Aa inspire encore l’économie au XXème siècle… C’est à Petit-Fort-Philippe qu’est lancée Delta FM ! Sur cette image de soirée tombant sur Petit-Fort (image non traitée), notre prochaine étape présentera cette fois Grand-Fort-Philippe…

Renseignements utiles :

– En venant de Dunkerque, la centrale nucléaire crée une autre rupture après le port ouest. Il faut contourner la centrale  pour parcourir la plage qui s’étend devant l’usine. On peut aussi y accéder à partir de Petit-Fort-Phiiippe. Compter alors une bonne heure aller-retour au moins, la « texture » du sable ne permettant pas toujours de progresser rapidement.

– Nous reviendrons sur certains détails de la centrale de Gravelines dans un dossier consacré aux centrales nucléaires de bord de mer.

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