Dossier 8 – Les phoques : leur vie, leur sauvegarde

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Les gens de ma génération se souviennent certainement d’un des moments les plus terribles du journal télévisé, en tout cas pour ce qui concerne les enfants que nous étions alors : l’abattage des bébés phoques sur la banquise. La neige, les fourrures maculées de  sang. La perspective inévitable d’une disparition d’une espèce : les phoques du Groenland. Leur vulnérabilité singulière face à la destruction méthodique et massive dont ces animaux semblaient faire l’objet et dont nous étions les petits témoins aussi lointains qu’impuissants.

Le temps passe. Et voici que l’on tombe un jour nez à nez sur ce touchant mammifère dont la grâce une fois dans l’eau et la curiosité amicale fascinent.

Mais pour certains d’entre nous, cet animal reste un symbole indélébile de l’acharnement dont peut faire preuve notre espèce.

Les phoques sont protégés par la convention de Berne et par la loi française. Ils semblent à nouveau s’installer sur nos côtes. Les menaces à leur encontre aussi…

Dans l’eau comme la nuit, tous les phoques sont gris

Deux espèces fréquentent nos littoraux : le phoque gris et le phoque veau marin. D’autres espèces peuvent bien-sûr fréquenter les côtes françaises – le phoque étant capable d’assurer de grandes distances – mais sans s’y être implantés jusqu’à ce jour. Distinguer le « gris » du « veau » n’est pas si simple à la taille ou à la couleur. Le phoque gris est certes plus gros, plus tacheté… quand il s’agit d’un mâle adulte, sachant qu’avant de le devenir il est inévitablement plus petit et plus clair quand il s’agit d’une femelle. Bref, il ressemble à un veau marin. Et quand il est dans l’eau…
La méthode la plus infaillible tient à la physionomie de la tête de l’animal et de deux traits caractéristiques qui permettent de les distinguer : le front et les narines.

Voici ce que cette physionomie de la tête peut donner très schématiquement dans les deux cas :

TetePhoquesDéclin et renaissance

Disparus au début du siècle dernier, les phoques sont réapparus sur nos côtes dans les années 80. A ce jour on en rencontre en mer du Nord,  en Manche et en Nord Bretagne, aire la plus méridionale de vie du mammifère.
Les plus importantes colonies sont en Baie de Somme, Baie d’Authie et en proximité de Calais.
D’abord faciles à chasser, les phoques sont ensuite sensibles à l’évolution de leur habitat et notamment aux menaces pesant sur leurs aires de repos (ou reposoirs), des bancs sableux où l’on vient les déranger.
Malgré cela, grâce à leur protection officielle, les colonies ont tendance aujourd’hui à progresser.

Nouvelles menaces

La pollution, notamment chimique, tend à diminuer les défenses immunitaires des phoques. Une maladie proche de la maladie de Carré  du chien) est en train de décimer un quart des effectifs du Nord de l’Europe. Il faut s’attendre, avec l’augment tation  des populations, à voir cette épidémie sévir en France un jour ou l’autre.

L’abandon des jeunes par leur mère quand elles sont dérangées constitue une deuxième source de péril. Déranger ne veut pas dire chasser. Il suffit de s’approcher un peu trop près des colonies sur leur reposoir pour provoquer une panique fatale aux plus petits. Il est d’ailleurs prescrit de ne pas s’approcher des reposoirs à moins de 300 mètres. Et de rester discret.

Enfin, il faut craindre à l’avenir qu’une mauvaise appropriation de la question de la surpêche par les politiques aboutisse à incriminer les pinipèdes pour expliquer la diminution de la ressource halieutique. Un phoque ingère chaque jour 5 kilos de poissons, pas tous recherchés pour la consommation humaine… Et leur prélèvement n’est en rien comparable avec le sacrifice annuel de 30 milliards de kilos (soient 82 millions/jour) de poissons morts, rejetés sans être commercialisées ni consommées.

Le soin apporté aux animaux en détresse

Souvent abandonnés avant le sevrage des suite du dérangement de leur mère, parfois malades ou affaiblis par les parasites, les jeunes phoques s’échouent sur la plage et sont recueillis pas des centre de soins de la faune sauvage…

Récit de séjour à la LPA de Calais, outil particulièrement compétent pour soigner les animaux sauvages échoués…

Cliquer sur les photos légendées.

 Comment observer les phoques sans en tuer…

… Parce que ça serait quand-même dommage.

Les phoques passent en général 80 % de leur temps dans l’eau. Il n’en sortent que pour se reposer ou pour se reproduire. C’est donc dans l’eau que l’on pourra le plus souvent les observer au gré des côtes françaises les plus septentrionales. Leur curiosité peut les amener à s’approcher jusqu’à moins de 10 mètres d’un humain resté à quai ou en train de nager sur son aire de chasse. Et c’est évidemment dans ce cas que la rencontre est la plus délicieuse et sans danger si l’on ne fait rien d’anormal de son côté. Et se baigner n’a en l’espèce rien d’anormal. Mais vouloir faire un câlin à un phoque ou l’habituer à recevoir à manger, si…

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Il est bien évidemment possible – et moins hasardeux- d’observer les phoques sur les reposoirs où ils ont pris leurs aises à marée basse. Ces reposoirs sont toujours près d’un chenal disposant de suffisamment d’eau pour prendre la fuite. Les phoques veaux marins s’écartent un peu plus les uns des autres que ne le font les phoques gris, plus regroupés. Les deux population sont souvent associées sur le même banc.

Il est alors peu utile de se rendre à leur rencontre sans jumelles. Pour les observer on se sentirait alors l’envie de s’approcher à moins de 300 mètres du reposoir et d’affoler la colonie, entrainant les risques déjà énoncés. La meilleure technique consiste à avancer progressivement (on s’éloignera pareillement) et à observer de loin (300 mètres et plus pour rappel).

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Pour aller plus loin…

  • Un petit film sympa sur la LPA de Calais et le soin aux phoques, avec Jean-Michel Charpentier.
  • Signaler un animal échoué (mort ou vivant), sur n’importe quelle côte française et 7 jours sur 7 : appeler « Pélagis », 05.46.44.99.10. A enregistrer dans son répertoire !
  • Pour terminer en beauté, le site de l’Observatoire des Mammifères Marins (le lien ouvre sur la page des observateurs de la Côte d’Opale). On ne peut pas faire un site plus clair pour identifier tous les mammifères marins sur nos côtes, signaler les animaux, ainsi que les comportements bons ou douteux à leur endroit. Exceptionnel.

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