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Les plages de Leffrinckoucke à Malo

Voir également le dossier thématique attaché : Le longe côte
Ainsi qu’un autre dossier : Le char à voile

C’est la quatrième sortie, nous voilà pour la première fois en pleine  journée et au soleil. Et un dimanche ! Le front de mer semble désert à Leffrinckoucke, commune « bipolaire  » dont la partie plage s’enchevêtre à celle de Malo-les-Bains.

 » Ca s’écrit vraiment comme ça ?! » C’est ce que demandent souvent les personnes n’étant pas du cru et n’ayant jamais mis les pieds dans les Flandres. C’est qu’à Leffrinckoucke (qui fut appelée aussi, « Leffringhehouc »), il n’y a pas si longtemps  qu’on y parlait flamand. Le site garde des traces d’occupation humaine depuis des siècles malgré l’ingratitude des lieux, et leur dépendance aux vicissitudes des envahisseurs et des flots. L’élévation du niveau de la mer a rompu le cordon dunaire littoral et inondé la plaine maritime pendant plusieurs siècles du Haut Moyen-Age. La « deuxième transgression dunkerquienne » ‘est le nom de cette remontée du niveau de la mer consécutive à un mouvement des fonds suivi de sédimentations. Par la suite, la mer s’est retirée (régression carolingienne) avant d’occuper à nouveau certains espaces (Dunkerquienne III). Bref, les gens ont du témoigner d’un grand courage non seulement en se protégeant de l’Anglais mais aussi en drainant, en canalisant, en implantant des dunes… L’obstacle économique ne nous empêcherait-il pas aujourd’hui d’en faire de même ? Si, très certainement…

Leffrinckoucke doit en tout cas son essor début XXème à l’installation d’un réseau de transport, à la création d’une belle plage et à l’installation de la première usine sidérurgique dunkerquoise, l’Usine des Dunes. La ville est dotée d’une place forte, le Fort des Dunes, qui joua un rôle de premier plan dans l’opération Dynamo de 1940 et dont la municipalité veut faire un « centre d’interprétation des grands conflits du XXème siècle« .

C’est en descendant sur la plage à la limite est de Leffrinckoucke que l’on se rend compte qu’une activité importante  participe par son mouvement de va et vient à créer le lien entre les deux bourgs. Cette activité réunit en même lieu les marcheurs, les longe-côte et surtout les chars à voile, dont la pratique a commencé non loin de là à Coxyde et la Panne, commune belge frontalière.

Il faut dire qu’ici, le sable est ferme comme il faut et l’estran est généreux. Avec un rien de brise, la marée basse et la saison qui l’est également (la vitesse des chars s’accomodant mal de la présence des vacanciers), les voiles mobiles se livrent à un manège gracile.

Renseignements utiles :
–  La plage de Leffrinckoucke est à une dizaine de kilomètres depuis la frontière belge. Un bus urbain (Dk’bus) y mène de  Dunkerque. Traversée du Camping du Perroquet  compris (voir article), compter 15 Km pour retourner à pied à Dunkerque.
– La Dune Dewulf constitue la troisième et dernière dune de Flandres. Les dunes de Flandres disposent d’un site de présentation didactique et de promenade, assez complet, une fois l’interface maîtrisée.
– Le Fort des Dunes est bien présenté sur le site de la municipalité.
– Un article  bien résumé de la Voix du Nord sur l’Usine des Dunes, installation visible à partir du point culminant de la Batterie de Leffrinckouke.

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Le long de la Dune Marchand

« L’humanité aura le destin qu’elle mérite. »
Philosophie de blockhaus, slogan adéquat pour ciel bas… Et ici, le Nord comme les clichés l’imaginent, avec ses dunes, sa brume, ses traces de guerre, ses  anciens hôpitaux pour enfants tuberculeux… La victoire dans l’évacuation aussi ?  Dans le fond, nous ne sommes plus qu’à quelques pas du  théâtre des événements de la bataille de Dunkerque, dont les manuels scolaires ne nous ont certainement pas rabattu les oreilles… L’opération Dynamo (son nom de code) à consisté à évacuer en 9 jours plus de 300 000 soldats alliés en plein Blitzkrieg. Une prouesse héroïque saluée Outre-Manche mais qui fit quand-même dire à Churchill qu’on ne gagnerait pas beaucoup de guerres de cette manière. Ce qui était finement observé, mais il faut dire que Churchill était du métier. En attendant, en juin 40, ce devait être l’enfer. Et c’est peut-être cela qui inspira ces quelques mots d’accueil un peu déprimants. Allez ! On y va quand-même !

Et en fin de compte… Parti pour réaliser  d’une seule traite les 6 kilomètres qui séparent Bray-Dunes de Leffrinckoucke, aux portes de Dunkerque, il a fallu me raviser : deux courtes expéditions ont été nécessaires et pour cause. Malgré le temps, il en se passe pas dix minutes sans que le regard ne soit attiré par un graphe peint sur le béton ou quelque personnage tout affairé à sa passion.
La plage n’est ici qu’une succession de passe-temps dont on craindrait presque qu’ils soient en promiscuité, alors qu’ils cohabitent a priori sans heurts ni douleur.

La côte s’étalant des dunes de Flandres n’attend pas juillet pour déborder de vie.
Revue de ce patchwork étrange, qui se déroule sur une portion de littoral à la fois spacieuse et sur occupée…

Renseignements utiles :

– Promenade très facile. En cas de mauvais temps, possibilité d’en réaliser une grande partie par la Dune Marchand. Pas de commerce en chemin, prévoir donc le nécessaire à Bray-Dunes.
– Pour en savoir plus sur la Dune Marchand grâce aux Réserves Naturelles de France, la Dune Marchand étant réserve naturelle nationale.
– Le parcours longe également la Dune Dewulf
– Une bonne page pour connaître l’histoire de l’Hôpital maritime de Zuydcoote