littoral français

Wimereux

La naissance d’une station balnéaire ressemble souvent à une partie de Sim City, Comme pour la majorité d’entre elles, la construction de la ville de Wimereux s’est jouée en version 1.9. Nichée entre la Pointe aux Oies et la Pointe de la Crèche, c’est en effet au 19ème siècle et à la révolution industrielle que la bourgade littorale doit, comme d’autres, sa raison d’être.

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Les jours heureux de Wimereux

Un empereur, d’abord, passe par là et décide de faire construire une ville pour sa Grande armée. Le projet ne se fait pas mais donne peut-être l’idée au maire de Wimille, dont dépend le hameau de Wimereux, de vendre des terrains pour y bâtir. Il se trouve aussi que le train y passe. Trop bien ! a-t-on du s’exclamer. Alors on construit une gare, puis une église et l’affaire est partie ! On est en 1867. Le train s’arrête pour la première fois dans ce hameau qui ne s’arrêtera plus, quant à lui, de grandir et de s’enrichir, jusque dans les années 30.

a54-100916-wimereux-22Le long du fleuve côtier, le Wimereux, auquel la ville doit son nom, on embrasse l’histoire des premiers pas de la ville : le pont ferroviaire, l’église, les premiers hôtels et le pont routier.

La crise (qui refroidit d’abord l’ardeur des Anglais jusqu’alors aussi déterminants dans l’essor de la ville que l’ont été les bourgeois et artistes nordistes et parisiens) puis la Seconde guerre ont stoppé l’élan de la première station balnéaire de la côte d’Opale, devenue commune autonome en 1899 et qui conserve encore aujourd’hui un charme indéniable, grâce à la plage et aux villas.

Au sortir de la guerre, Wimereux verra sa population renforcée par d’autres résidents, les « banlieusards » de Boulogne-sur-Mer, toute proche.

Et maintenant ?

De la frénésie de la Belle Epoque, il reste quelques villas , un véritable trésor pour l’Office de tourisme.

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Il reste aussi une promenade le long du perré souvent noir de monde.

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Bien sûr, la plage…

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Et les cabines de plages « customisées », curieusement étalées devant les entrées des maisons en front de mer…

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Sans oublier la station marine de Wimereux, qui devrait faire l’objet d’un prochain dossier…

L’avenir

Wimereux est une des stations les plus menacées par l’érosion littorale de la côte d’Opale. Chaque grande marée provoque l’assaut impressionnant des vagues que les brise-lame, disposés sur le perré, rendent plus spectaculaires qu’ailleurs…

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Le perré a cédé en 2015 aux coups de boutoir des flots lors des gros coefficients de février.

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Comme à Wissant, dans les premiers temps, on a procédé à l’enrochement des parties effondrées. Mais l’ensemble du perré semble fragilisé.

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Petit à petit s’éloignent le souvenir des courses à l’hippodrome et celui d’un certain Marconi, qui installa le premier télégraphe entre la France et l’Angleterre, ou plus loin encore, le « crash » du ballon dirigeable de Pilâtre de Rozier, première victime d’un accident aérien. La ligne de tramway jusque Boulogne a été démontée, le curieux train Renard desservant Ambleteuse et Audresselles mis à la casse. On vient maintenant chercher péniblement une place de parking pour quelques heures de soleil, d’écume, de frais, selon les caprices des saisons.

Mais cela en vaut bien la peine et Wimereux le mérite. La première station du littoral reste très belle.

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Prochaine étape : la Pointe de la Crèche !

Renseignements utiles :

• Tout pour la promenade tranquille, tout pour la baignade facile. Idem pour les sports nautiques. A part peut-être les chars à voile, il y a tout.
• L’histoire un peu plus détaillée de Wimereux est sur une page du site de la Ville. Pour une analyse beaucoup plus approfondie du patrimoine, de son histoire, de son identité, il est particulièrement intéressant de consulter ce dossier passionnant d’Olivier Lazzarotti sur le précieux site In Situ : Wimereux, station balnéaire de villégiature : la machine à habiter.
• Une fois n’est pas coutume, sur Wikipedia, un article assez bien fait sur les stations balnéaires : quand ? pourquoi ? comment ?
• Sur les aléas « Submersion marine » et les préconisations d’urbanisme, un pdf de la préfecture. Pour la carte qui concerne Wimereux, charger ici. A lire et à méditer avant d’acheter, de vendre ou de construire. Assez récemment (2014), l’évaluation des risques a été rehaussée.
• Un bel ouvrage, encore signé d’Olivier Lazzarotti, Rivages du Boulonnais, aux Editions A.M.A. Pour comprendre la dynamique du littoral et le fonctionnement de ses ouvrages de défense. Chaque foyer résidant entre Wissant et Wimereux devrait l’avoir !
• Le site du Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences, en attendant le dossier.

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La Pointe aux Oies

Nouvelle avancée vers la mer et première prise de hauteur depuis le cap Griz-nez… La Pointe aux Oies, sans doute nommée ainsi à cause de l’importance du passage des migrateurs, permet d’embrasser du regard Ambleteuse, côté nord et d’apercevoir la digue Carnot de Boulogne, plus au sud.
La marée descendante découvre une très belle plage parsemée de masses rocheuses assez basses,  propices à la colonisation du site par les moules.

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Des oiseaux, il y en a. Des coquilles de crustacés aussi. Ceci explique peut-être cela.

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Des gens aussi il y en a. Autant qu’il y a de place pour marcher, d’arénicoles à pomper, de moules à cueillir, de bars à pêcher, de paysages à contempler, en vareuse, des hauteurs ou à l’abri, en prenant son petit déjeuner…

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C’est un site à histoires. Histoire de préhistoire, histoire d’empereurs, d’observatoire et d’envahisseurs que la mer envahit, que le vent finit.

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Erosion du trait de côte. Erosion des traits de l’histoire .
Des souches d’arbres vénérables, apparentes ça et là sur l’estran, ont pourtant été conservées dans la tourbe depuis plus de 10 000 ans. Leur trace en tout cas, aura résisté plus longtemps que le béton des hommes.

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Prochaine étape :  Wimereux, à laquelle la pointe est rattachée.

Renseignements utiles

• La Pointe aux Oies et sa plage se laissent accéder aisément. La Promenade de la baie de Saint-Jean passe par la Pointe aux Oies, partie intégrante de la promenade de la Slack, particulièrement recommandée au printemps après la pluie.
• Les amateurs d’archéologie trouveront interêt à cette étude de vestiges paléolithiques trouvés dans la tourbe de la pointe aux oies.
• Voici un excellent article sur les traces, vieilles de 12000 ans, de la forêt de la Pointe aux OiesPour en savoir plus sur le milieu naturel du secteur, la fiche du Muséum d’histoire naturelle 

Ambleteuse

A marée basse, par temps calme cette petite ville côtière est une reine. De ces reines nonchalantes et maternelles qui enveloppent de leur traîne tous les sujets : les baigneurs, les pêcheurs, les plaisanciers, les vendeurs de glaces et les promeneurs qui les mangent…

Ambleteuse, c’est l’endroit où je vais me baigner.

La plage n’est pas des plus accueillantes pour s’y allonger ou s’y tremper. Il y a bien du sable, mais pas en haut de plage. Il y a aussi des rochers. Il faut donc connaître un peu pour évoluer dans l’eau sans s’estropier. À cause de cela, la plage n’est donc pas remplie de baigneurs. Ceux qui se risquent se parlent, comme s’ils se connaissaient, comme si nager à Ambleteuse constituait une particularité qui les rendrait proches, complices… Ils partagent sans doute le goût des lieux un peu sauvages, un peu rebelles, un peu vivants.

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La plage est également vivante de la diversité de ses amateurs. On se plait à regarder tout en nageant les bateaux remonter au rythme du ballet des vieux tracteurs pimpants de couleurs, les chasseurs sous-marins ceinturés de leurs prises, les pêcheurs à pied courbés comme les paysans l’étaient jadis dans leurs champs, sans oublier les minots tantôt en botte, tantôt couverts d’une serviette de bain trois fois plus longue qu’eux.

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Les rochers donnent du caractère, mais surtout, il y a le fort. Un fort Vauban, puissant, trapu, en prise directe avec la mer comme on n’en voit plus souvent. Ce petit fort, vraiment, fascine. Il aliène notre regard. Tant et si bien qu’il parait inimaginable de prendre une photo présentant la ville sans que l’édifice ne soit au moins en arrière-plan.

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Le fort protégeait un port militaire aujourd’hui ensablé.

Le fort d’Ambleteuse a failli disparaitre comme celui d’Audresselles. Mais il a rencontré des amis qui l’ont à leur tour protégé.

Et puis, au cours du XIXème siècle les rivages d’Ambleteuse ont été désertés.  Alors que Napoléon prenait lui-même soin de cette position stratégique, par la suite, l’évolution des rapports avec l’Angleterre ne justifiait plus la présence d’une armada mouillant sur ce littoral. De plus, il n’y avait pas de pêcheurs, sans doute à cause de l’importance de la présence militaire dans une baie pas très grande. Le port, taillé le long de la rivière Slack s’est alors ensablé.

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Et les quelques pêcheurs qui s’y sont installés devaient déjà tirer sur le sable des navires adaptés, les flobards.
De pauvres gens qui « boutaient à flot » péniblement des navires, d’autres, encore plus pauvres, qui pêchaient à pied ou cueillaient les moules, avant la ruée vers les cabines de bain, c’était ça, Ambleteuse.

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Aujourd’hui, les tracteurs font le travail de mise à flots

Un parc à huîtres (dont on trouve encore les vestiges dans ce qui reste aussi de la baie) et une fontaine semblaient constituer les seules curiosités du secteur.

Il a fallu qu’un bourgeois éclairé dépasse le sentiment de désolation que semblaient provoquer les lieux pour croire à l’opportunité d’y édifier une station balnéaire que les deux grandes guerres ont abîmée et détournée de la plaisance sans vraiment y parvenir. A la première, les anglais, les portugais et même des chinois y étaient cantonnés. A la deuxième, une fois l’armée française en déroute, ce sont les allemands qui s’y sont installés pour veiller au Mur de l’Atlantique.

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L’oeil du fort a beau être fardé de béton depuis ce temps, le musée de la guerre a beau dominer les hauteurs de la ville et des navires militaires peuvent toujours s’exercer à l’horizon, rien n’y fait. Malgré l’atmosphère surannée que dégagent rues et maisons, Ambleteuse a changé de genre. Fini la guerre, place à la reine aux parfums de gaufre et de crème solaire que les belges, les allemands, les hollandais et les ch’tis ne se lassent pas de tartiner.

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Prochaine étape : la Pointe aux Oies

Renseignements utiles :

• L’agréable promenade le long du perré aboutit sur la Slack, au sud du fort. Cette barrière naturelle oblige à emprunter la rue de l’Ecluse jusque la D 940 qui traverse la Slack. Le petit parking en contrebas accède à un chemin pavé permettant de rejoindre la côte. Ce parking est le départ d’une promenade ravissante dans les dunes boisées et buissonnantes permettant de rejoindre la pointe aux Oies : la promenade de la Slack (on peut prolonger par la promenade de la baie de Saint-Jean).

• Pour approfondir ses connaissances, se procurer le livre de Daniel Leunens, Ambleteuse, une histoire moderne, aux éditions A.M.A. dont je n’ai qu’effleuré les histoires.

• Les Amis du Fort d’Ambleteuse à qui l’on doit de pouvoir admirer cet édifice aujourd’hui

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Le cap Gris-Nez

C’est un endroit où se côtoient havre et chaos.
Un promontoire gris comme la cendre sur la peau d’un vieux guerrier. Un guerrier de 160 millions d’années qu’un baume chlorophyllien vient apaiser.

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L’Angleterre que l’on distingue si bien comme ici par temps clair n’est plus qu’à 28 kilomètres… Cette proximité a fait que la plage du cap accueillait les porteurs de dépêches entre le continent européen et le Royaume-Uni tout comme la baraque Fricot, le local où atterrissait côté français le câble sous-marin du télégraphe. Les nageurs traversant le détroit choisissent souvent la plage de la Sirène comme point de départ ou d’arrivée de leur périple.
Jean-Marie Salati, un Italien, soldat de la Grande armée prisonnier des Anglais aurait été le premier à traverser le détroit en 1818 en prenant la fuite. La première traversée officielle date de 1875. Matthew Webb devait justement arriver sur la plage du Griz-nez mais atterrit sur la plage des Baraques à Sangatte, après avoir passé 22 heures dans l’eau.
Plusieurs milliers de nageurs et nageuses prendront leur suite.

Malgré tout, il n’est pas bon d’être aussi près d’Albion, en temps de guerre, surtout.
Audinghen, la commune englobant les 7 kilomètres du cap, a été de ce fait maintes fois dévastée.
Calvaires et clocher singuliers sont ostensiblement dressés, comme pour éloigner le danger.
La muséification de la dernière grande guerre, comparable à celle des plages du débarquement, semble aussi vouloir exercer le même exorcisme.

Havre et chaos. Agrément touristique et paysager d’aujourd’hui, sur une terre de labeur, de guerre et de souffrance passées, voilà ce qu’est le cap Gris-nez.

Les Epaulards piégés par une Sirène

Nous sommes côté calme, au nord du cap, un peu à l’abri de sa pointe. Une petite plage fermant la baie de Wissant permet la mise à l’eau des embarcations. La plage de la Sirène est jonchée de pierres disposées en ellipse. Cette curiosité  s’explique par un anticlinal, autrement dit, un pli géologique en forme de chapeau chinois. Ou d’accent circonflexe si l’on préfère. De la sorte, les strates géologiques plongent à l’oblique, presque verticalement. L’érosion marine, en entamant rapidement les parties les plus meubles, met en exergue les strates de grès polis par les éléments. Ce sont ces rochers que l’on désigne ici sous le nom d’Epaulards, parce que leur forme suggère le dessin de la nageoire dorsale du cétacé en question.

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Le cap Blanc- nez joue à chat avec les rayons du soleil tandis que la mer, jalouse, écume. La Sirène s’est offert un restaurant doté d’une des plus belles vues sur le littoral français. Elle lui a d’ailleurs donné son nom. Les Epaulards accompagnent les « pêcheurs dans la vague ».  Bientôt, les flobarts rentreront…

Gris-nez, beau-nez… Voyons maintenant le haut du nez…

Sur la falaise...

De la plage de la Sirène, un petit chemin monte en serpentant autour de maisons. Au plus haut, nous dépassons alors le niveau de la mer de 45 mètres. Un phare reconstruit dans les années 50 domine le lieu. C’est au pied de ce phare que le Cross Griz-nez, véritable tour de contrôle maritime, veille au trafic de bateaux le plus important du monde. Plus de 500 navires par jour vont croiser dans le détroit.

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Pour la première fois depuis la frontière belge, le chemin côtier vire plein sud, au gré des 7 crans rythmant le dénivelé de la pointe du cap jusqu’à Audresselles. Ces crans sont des entailles creusées dans la falaise par les cours d’eau. En voici quelques-uns…

Le cran barbier

Après les crans de Quette et de Sillers, c’est la troisième entaille que l’on traverse en Partant de la pointe du Cap.

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C’est dans les environs du cran Barbier que l’on aperçoit la Batterie Todt, une des plus grosses installations militaires du mur de l’Atlantique. En contraste, « Notre-Dame des vaches », une petite statuette nichée le long du chemin côtier. 

Le cran aux oeufs

Au loin, de petites maisons de pêcheurs cheminent en cortège jusqu’au pied de la falaise.

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Il fut un temps où il fallait des cordes pour accéder à la plage du cran aux oeufs. Les cordes ont disparu. Un chemin discret permet aux plus téméraires d’y descendre.

Le cran deux oeufs est un théâtre que dominent des boules de grès suspendues tandis que d’autres sont éboulées.

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Le ruisseau coule encore et tombe en une petite cascade. On évolue assez aisément vers le sud, au milieu « d’oeufs cassés ».

Grandiose. Que dire d’autre ?

Le cran Poulet

Autrefois appelé cran de la Rouge Casaque, la plage en bas du cran accueillait une guinguette désormais disparue. Le cran Poulet est surtout connu et fréquenté pour la statue de Notre-Dame des flots, plusieurs fois déplacée et « remontée » sur la falaise à cause de l’avancée de la mer.

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Pèlerinages, petites intentions et simples témoignages du passage de marcheurs s’amoncèlent au pied de la statue.

Aux portes d’Audresselles.

Au bas du cran Mademoiselle et du cran du Noirda, la mer se déchaîne sur les rochers, les disloque, les ronge, les rogne…

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Nous voici arrivés a la Pointe du Poissonnier, en proximité d’un village de pêcheurs, sans doute le plus préservé de la côte d’Opale.

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Son nom : Audresselles.  Prochaine étape !

Renseignements utiles :

• Le site du cap, en son sommet, offre un des meilleurs points de vue sur le cap Blanc-Nez, sur l’Angleterre et le port de Boulogne sur Mer. A marée haute le cap n’offre quasiment jamais d’accès au niveau de la mer, qu’on se contente alors de contempler à partir du parking du restaurant La Sirène. Promenades toujours possibles sur la falaise, en tout cas.
• Pour les amateurs de photos anciennes, une belle page sur Histopale, passe en revue la vie du cap il y a un siècle. En voici aussi de bonnes sur la plage de la Sirène.
• Une page de club de géologie permet de comprendre simplement certains alignements rocheux de la plage de la Sirène grâce à d’intéressants croquis.
• Le site du centre de surveillance trafic maritime le plus important du Monde est ici

 

Tardinghen et la baie de Wissant

C’est un endroit magnifique en sursis. Car la baie de Wissant est un paysage de dunes, de bois et d’étangs que la mer grignote, aspire, ampute selon les humeurs du temps. Il faut dire qu’en dehors du village la plupart des images montrées ici reflètent des paysages éphémères. Les blockhaus ont déjà disparu. Les coins à champignons à étonner jusqu’aux périgourdins aussi. Et demain, sans doute, ce sera au tour des étangs.
La petite – et adorable – commune de Tardinghen, au centre de la baie, perchée de manière prémonitoire, elle, est en retrait, dans l’attente d’une submersion du marais…

La maison des gens de Terd

La présence humaine dès la période gallo-romaine semble ici attestée. Les saxons – déjà !- envahissent cette côte peu habitée (entre 450 et 600 après JC).  L’appellation du bourg daterait du VII ème siècle. Dites tout haut « Tardinga haim » et vous aurez sans doute prononcé vos premiers mots en langue franque, à la façon de Terd, le germain, qui s’est installé dans le coin avec ses gens pour pratiquer l’agriculture.

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C’est sur la zone actuelle du marais que pouvait se situer le havre wissantais à l’origine d’un port fameux (voir l’article précédent traitant de l’histoire de Wissant). Tardinghen a du profiter de l’essor portuaire de Wissant. Il en a pâti aussi. Les anglais, en ravageant le secteur, on détruit le couvert végétal et bouleversé l’écosystème.

vXeHD Les anglais sont repartis sur la rive d’en face. Mais le havre a été refermé par un cordon dunaire limitant  l’écoulement des eaux terrestres et c’est ainsi que se sont créés la plaine maritime et les marais que l’on connait aujourd’hui.

 L’histoire sans fin 

Deux ruisseaux côtiers entrainent le surplus d’eau des étangs jusqu’à la mer. Mais il faut curer régulièrement ces cours d’eau, car le sable tend à s’y amonceler.  Jusque la Révolution, la question a posé problème : qui, de Wissant ou de Tardinghen, doit prendre la charge de ce travail ? Cette situation n’est pas sans évoquer l’actuel différend divisant plusieurs intercommunalités du Nord sur la question des wateringues.
La nature ne borne pas ses cohérences à la délimitations de nos propriétés et à  nos égoïsmes de clocher. Pour peu que nous ne lui opposons pas notre bêtise elle peut encore s’offrir aux gens intelligents et respectueux.

Du manque de respect, justement…

Pour le coup c’est raté. Il a fallu qu’on tape dans la dune pour construire la cité balnéaire voisine. Les allemands  construisent un peu plus tard, en 43, une ligne de défense à la hauteur du grand potentiel que représente le lieu pour un débarquement réussi au plus près de l’Angleterre. Le couvert végétal a été ravagé par les installations et la fréquentation anthropique.
Ainsi, depuis la fin de la seconde guerre mondiale le processus s’emballe au point de ne plus savoir vraiment à quel phénomène on doit un retrait des côtes de 300 mètres sur 50 ans. Les blockhaus construits dans la dune finissent dans l’eau. La pose de pieux brise-lames par endroits ne semble rien y faire.

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L’effet cocktail est la théorie la plus avancée. L’érosion éolienne est la première mise en cause. Mais l’eau et le jeu trouble des bancs au large de la baie semblent jouer un rôle important dans l’évolution des courants et l’érosion active de l’estran.

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Que faut-il alors faire ? Eh bien on en débat encore et sans argent sur la table.

Face à l’emportement d’une nature qu’il a outragée et dont il comprend mal les équilibres l’homme du XXI éme siècle reste encore démuni, toujours petit. Désespérément petit. Le plus désespérant n’est-il  qu’il ne s’en rend pas compte ?

Prochaine étape : l’ascension du Griz-nez  !

Renseignements utiles :

Il est grand temps d’arpenter les chemins balisés du marais, accessibles à partir de la route départementale (plusieurs parking. La plage du Châtelet et sa voie d’accès enchanteront encore quelques années le marcheur. A ce jour aucun de ces chemins ne présente de grande difficulté.
De Wissant au pied du Griz-nez, compter deux bonnes heures aller-retour. Le franchissement du ruisseau du Châtelet  nécessite des bottes ou de se déchausser. Un pont à l’intérieur de la dune permet de le franchir mais nécessite de ne plus cheminer sur la plage pendant plus d’un km.
• Une page d’ analyse de l’érosion de la baie de Wissant, avec une carte de localisation des dunes d’amont, d’aval, du Châtelet et de la Baraque Friquot.
• Le site des deux caps sur internet
• En savoir plus sur l’histoire du lieu avec Histopale
• Découvrir la faune et la flore du lieu avec le Conservatoire du littoral

Sangatte, porte de sable

Il semble filer sur l’estran comme nulle part ailleurs. Il sépare la cité de la mer d’un mince, si mince cordon dunaire que l’on en vient à croire que « zand gate« ou « sand gate » est bel et bien la racine saxonne du nom de Sangatte. Le sable court ici sur 8 kilomètres de plage. Et la station doit son salut au fragile amas de ses grains capturés par les oyats.

Sangatte est une station balnéaire. Sangatte, c’est aussi « la porte d’à côté » pour aller en Angleterre : une porte à côté de Calais. Ainsi, au cours des deux précédents  siècles, la commune fut le théâtre des premières tentatives de liaison transmanche, souterraine et aérienne.
Mais si l’on connaît aujourd’hui le nom de Sangatte partout ailleurs, c’est parce que la commune a vu naître en 1999, puis disparaître en 2002 un véritable lieu d’accueil des réfugiés cherchant à gagner l’autre rive du détroit. Quand la fermeture fut effective, la situation est passée de pénible à totalement catastrophique.
Sangatte est aussi une ville réellement menacée par les flots… Par  « porte de sable« , les anciens, plus réalistes que poétiques, entendaient désigner un accès facile de l’eau par un lieu déjà connu pour sa fragilité face aux assauts de la mer.

La porte d’un delta

Depuis la frontière belge, en fait nous évoluons sur du plat, tantôt sur des zones de polder conquises sur la mer, tantôt sur un ancien delta. Sangatte marque la limite occidentale du delta de l’Aa, juste avant que ne commencent les collines de l’Artois. Malgré les invasions marines, on semble avoir habité là depuis très longtemps, avant que la mer ne couvre pendant un temps les lieux, comme à Dunkerque, au temps de Charlemagne. En tout cas, une voie gallo-romaine, le chemin de Leulène, aboutissait déjà à Sangatte.

La porte aux loisirs

A Sangatte, on vient profiter de l’eau, du sable et du vent, de la nature aussi. La commune est dotée de plusieurs sites biologiquement remarquables et offre de superbes points de vue sur le port de Calais, sur la commune même, sur le trafic transmanche et sur les côtes anglaises.

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Un rideau ouvert vers Angleterre

Elles sont tellement proches, ces côtes anglaises, que Portus Itius, le fameux point de départ de Jules César et de son armée pour l’Angleterre en moins 56 av. JC, pouvait être concevable à partir de  Sangatte,

C’est à Sangatte que par deux fois, on tenta de creuser un tunnel sous la Manche, en 1875 et en 1974. Un puits d’accès à l’actuel tunnel  y a également été creusé.
Et c’est aussi à Sangatte que Louis Blériot, cet ingénieur nordiste, pionnier du ciel,  réalisa la première traversée de la Manche le 25 juillet 1909, au nez et à la barbe de son ami Hubert Latham, aventurier intrépide, trahi par son moteur six jours auparavant.

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D’autres pilotes comme Jacques de Lesseps graveront eux aussi l’histoire de l’aéronautique dans cette commune.
Une quinzaine d’années après la première traversée, le conseil municipal décidera de lier le souvenir de l’exploit du premier vainqueur de la traversée à la ville en nommant « Blériot-Plage » le lieu-dit des Baraques d’où le pilote décolla.
« Sangatte Blériot-Plage » est d’ailleurs le nom que la cité s’est donné aujourd’hui.

Bilan et perspectives d’une commune contrariée  par les flots

Plusieurs fois envahie par la mer (la dernière fois, en 1953), Sangatte voit ses défenses régulièrement dégradées (la digue, lors de la tempête Xinthia par exemple). La question de la submersion est ici à prendre au sérieux. Les aléas de submersion ont été calculés avec une surcôte de 0,60 m en prévision du changement climatique. Des travaux sont en cours pour protéger les habitations.

En tout cas c’est beau !

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Prochaine étape : le cap Blanc Nez ! Attention les yeux !

Renseignements utiles :

• La promenade le long des 8 kilomètres de plage ne présente pas de difficulté. Elle est cependant problématique à marée haute et à fort coefficient. L’alternative derrière la dune du Fort Mahon, puis le long de la RN est beaucoup moins intéressante (on ne voit pas la mer, déjà). par temps sec et vent fort SO ou NE, le déplacement du sable sur l’estran peut rendre la promenade désagréable en jupe ou en short, notamment.
• Pour tout savoir sur une étude de danger de submersion et sur le cas de Sangatte, un rapport de 2013 à télécharger
• Le site de la commune de Sangatte Blériot-Plage  et son très beau logo vintage. Pour prendre connaissance des travaux d’enrochement de la digue aussi.

 

Chalets de Calais, de Blériot

Veilleurs placides en quête de temps cléments, les chalets sont posés sur la plage, face à la mer. Saturés de sable et de sel par les vents dominants. Protégés des flots comme le seraient des morceaux de sucre sur la table face à un bol de lait renversé.
Ainsi Carnac a ses menhirs.  L’île de Pâques a ses géants.  Et Calais a ses chalets.
Peut-être même la plus grosse concentration de chalets. Ici, près de 500 totems à la gloire du soleil ont été dressés. Pas de sang versé en sacrifice, juste peut-être la peau, parfois ointe d’une sainte crême dédiée au dieu soleil.

Comme nulle part ailleurs les chalets de Calais, jusque Blériot, la partie la plus orientale de Sangatte, sont l’âme de la plage.
L’âme. Le charme. L’utilité aussi, d’après certains.

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L’âme, c’est déjà celle des gens du Nord, des gens qui ont peu, ou qui ont eu peu. Et des gens qui font de ce peu toute une montagne. Et c’est sans doute pour cela que la moindre cabine s’appelle « un chalet », tout comme le plus famélique thuya qu’on laisse filer, ici, cela peut s’appeler un « sapin ».

Aussi, quand un chalet est fracturé, c’est un véritable raz-de-marée dans les esprits profanés. En même temps, il faut compter au minimum 2500 € pour une occasion dans un état correct, 6000 € pour du neuf, 200 € à chaque coup de peinture… sans compter le coût de concession d’un espace.

Que l’on soit riche ou peu fortuné, ce n’est pas rien d’avoir un chalet…

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Et tant de belles histoires familiales s’y sont déroulées qu’on y reste attaché.

La mode des cabines date du début de l’histoire balnéaire. Les bourgeoises s’y changeaient. La cabine était montée sur une charrette attelée. On déposait la baigneuse à fleur d’eau, en sorte qu’elle ne soit pas aperçue, en ces temps prudes, dans une tenue qui aurait contrevenu aux convenances.

Par la suite, il s’est avéré très pratique de disposer d’un local renfermant accessoires de bains et chaises longues pouvant rester à demeure. Le chalet devient pour un jour une résidence secondaire chargée de beaux souvenirs. On se bat alors pour le garder et l’entretenir.

Et puis, le charme des cubes immaculés coiffés d’un camaïeu donne à la promenade en front de mer un intérêt certain dont les résidents peuvent s’honorer.

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Aujourd’hui, le chalet est normé : 2m50 x 2m50, et une terrasse de 60 cm tout au plus. Il doit être obligatoirement peint en blanc, désormais. Les pouvoirs publics veulent juste plus d’harmonie visuelle. La loi littoral impose en outre la création d’ouvertures sur la mer et de ce fait, leur diminution à 350 pièces est programmé.

Pas d’éradication en vue. Sauf peut-être par la mer. C’est déjà arrivé. La collectivité en tout cas ne compte pas y toucher. C’est que les chalets comptent pour beaucoup dans l’attrait touristique du front de mer de Calais.

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On leur prête aussi la vertu de retenir le sable sur la plage. Alors personne ne s’en plaint, ou si peu.

A37-010315Bleriot25La plage à marée basse. Le vent d’ouest emporte de sable vers le port. Les chalets sont au fond, vers la droite.

Un avant port, une digue, une superbe plage et toute la vie créée par chaque éléments que l’on peut embrasser du même regard et vivre tour à tour font du front de mer de Calais un endroit d’exception.

Prochaine étape à Sangatte !

Renseignements utiles :
• La promenade sur la plage, comme sur la digue, ne présente aucune difficulté. On peut évoluer au milieu des chalets.
• Des photos des cabines de plage en 1900

Le port de Calais

Dossier associé : Les ferrys et le trafic transmanche (Dossier 9)

Chacun des ports de la côte d’Opale a sa petite spécialité. Un peu comme dans l’histoire des trois petits cochons. Dunkerque  pour le vrac et les volumes, Boulogne pour la pêche… et Calais pour le transit…Bien sûr, cette répartition n’est pas catégorique. Chaque localité s’est battue contre les autres pour attirer briques et ciment et ramasser tout ce qui peut faire bouillir la marmite qui éloignera le loup. Mais le loup est quand-même venu. Et le loup, c’est la compétition mondiale face à laquelle les ports auraient sans doute gagné d’avancer un peu plus en rang serré.  La population des trois ports décroit. Ici on manque de travail et cela n’aide pas à aborder les nouveaux défis sereinement.

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En attendant, Calais continue de vivre.  L’arrivée du tunnel sous la Manche n’a pas stoppé le ballet incessant des ferries, véritable pulsation de la cité littorale.

Mais le coeur de Calais bat au rythme des anglais. Et la construction de Calais Port 2015, prochain grand rendez-vous économique de la ville, ne semble pas déroger à l’habitude puisqu’il s’agira de desservir la façade est de l’Angleterre. La ville retient d’ailleurs souvent son souffle à cause de la proximité du royaume. Quand la couronne d’Angleterre désire un pied à terre en France, voilà la ville assiégée, affamée, annexée pour des années. Quand la révolution industrielle se construit outre-Manche, les premiers métiers sont montés pour la mondialisation de la renommée des dentelles de Calais. Quand la Grande-Bretagne est attaquée, la ville de Calais, par l’un ou par l’autre,  se retrouve décimée. Le cours de la livre augmente ? Les oulet centers et autres cash and carry viennent alors canaliser profitablement le déferlement de consommateurs anglo-saxons avides de marques, de bières et de vins…
Et c’est une fois encore le Royaume Uni qui est à la source du nouveau défi auquel la cité se voit confronté : le blocage des exilés à Calais, suite à la signature des accords du Touquet. L’esprit corsaire doit avoir fait son temps (il y en a eu à Calais, certes moins connus que Jean Bart et Surcouf). Il est temps d’apprendre l’anglais : le pas de Calais doit porter la ville jusqu’au coeur de l’Angleterre.

Quoi qu’il en soit, dans le vieux port de Calais et sur la plage, à l’est de de la ville, les tensions disparaissent au rythme du mouvement indolent d’impressionnants bateaux laissant malgré tout les pêcheurs à quai impassibles, de jour, sous la neige, comme de nuit…

Calais-jour

L’ambiance est  moins « mer du Nord » qu’à Dunkerque  On sent presque l’effet de cassure du trait de côte entamé par le site du cap Blanc Nez, non loin de là. Un urbanisme ingrat au premier abord ne vient pas à bout du charme des plans d’eau. Les grandes manoeuvres maritimes ont pris le large un peu plus à l’est. Mais la vue sur l’avant-port est totale, sans obstacle ni contre-jour.  On peut contempler les entrées de tous les navires à partir de la jetée. Jusqu’à l’ouverture du port 2015 en tout cas.

Cliquer sur les photos, pour une fois plus légendées que d’habitude !

Calais-neige

Le front de mer s’engourdit. Eloge à la lenteur. Tout s’arrête. Sauf la pêche. Sauf les ferries. Mes plus belles prises de Calais sont d’après moi ici.

Cllquez sur les photos

Il neige peu souvent à Calais. Nous en avons un peu profité.

Calais nuit

A l’approche de la nuit, c’est un ballet de lumières qui anime l’espace portuaire de scintillements éclectiques. Navires, enseignes et balises font en sorte que le port ne dorme jamais.

Cllquez sur les photos

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Le prochain article sera pour une bonne part ensoleillée. Cap sur Blériot-Plage et sa forêt de cabines.

Renseignements utiles

  • Sur la complémentarité et les rivalités des ports de Flandre occidentale au Moyen-Age, voici un article d’un chercheur ;
  • Un ouvrage en ligne traitant de l’essor de Calais fin XIXème début XXème, qui façonna l’activité économique de la cité jusqu’à ce jour
  • Le rapport du CESER « Région Nord ‐Pas de Calais : quelle stratégie pour le ports de la façade maritime ? » détaille les enjeux et les difficultés d’aboutir à une  action concertée des ports de la côte d’Opale.
  • A lire (c’est synthétique), le projet de territoire de la CCI Côte d’Opale
  • Le site du Port de Calais
  • L’histoire de Calais, que je n’ai pas détaillée, est ici
  • Et ici, es photos historiques de l’aménagement du front de mer

Calais, front Est… et rien de nouveau

Les lecteurs soucieux de l’image de Calais vont certainement maudire cette page, et d’autres encore s’en trouver déçus, mais voilà…  En cheminant d’Est en Ouest dans le sens de la marche, on traverse d’abord une zone qu’il serait difficile de trouver heureuse. L’arrivée à Calais donne donc cela… Un mur blanc face à la mer.

La rocade qui entaille la partie orientale de Calais enfilait déjà les mondes les plus crus comme des perles. Sitôt les tours résidentielles du Beau-Marais dépassées, on surplombe des dunes malades d’être trop proches des turpitudes humaines. Il y a aussi, sur le front de mer, le vaste espace goudronné d’un terminal d’hoverport désaffecté (Voir les renseignements utiles)… et puis ces losanges enflés de métal noir que Tioxide présente sans pudeur aux vents marins. Mais l’usine est sur le point de fermer. Enfin, on tombe sur le gigantesque terminal des ferries pour l’Angleterre.

Ah oui ! Il y a aussi cet « exit » dont on peine à croire qu’il mène aussi au centre d’une ville, tellement le bout de tout semblait atteint.

La touche finale de ce décor en attente de nouveaux devenirs vient d’être apportée par une double clôture de métal blanc érigée sur plusieurs kilomètres, dans le prolongement d’un camps des réfugiés placé à l’endroit même du milieu naturel concédé par la chambre de commerce en compensation des dérangements causés par les prochaines infrastructures portuaires.

La « jungle », comme on pensait que les afghans l’appelaient. La « lande », comme les autorités préfèrent la nommer. On parle même de « new jungle » aujourd’hui, pour qualifier cet ultime emplacement concédé.

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A Calais, les nuages sont redessinés, gribouillés aux barbelés. Certes, on protège partout les installations portuaires. Mais jamais a ce point là…

Comme pour bon nombre de murs séparant les lieux, les hommes les uns des autres, le rideau de fer blanc de Calais symbolise toutes les incapacités d’intégrer.

Intégrer véritablement pourquoi ces gens sont là. Et d’en déduire l’obligation de les accueillir comme il se doit.

Intégrer que la présence de réfugiés à Calais est inévitable et durable. Et que la cité doit se préparer à construire une véritable économie tournée vers l’hospitalité. Il lui faut même prévoir non plus de gérer l’afflux mais de vivre  avec une communauté d’exilés, comme cette région sut le faire par le passé. Ce qu’elle peine aujourd’hui à envisager. Et c’est peut-être l’absence d’issues à venir pour chacun qui fait le plus mal.

Car tout le monde ou presque est dans la peine… Les riverains plutôt aidants, sont maintenant accablés par la concentration provoquée. Les professionnels sont exaspérés par la gêne et par les risques. Les forces de l’ordre sont dépassées. Les bénévoles des associations caritatives sont épuisées. Mais elles continuent, soutenues par la solidarité de commerçants et de nombreux donateurs individuels.

Les réfugiés, eux, sont aussi à bout. L’attente sur place est plus longue. Les manifestations d’hostilité sont plus pesantes. Les passages sont plus difficiles et plus risqués. Les conditions de survie sont indignes. Vraiment indignes.

Cliquer sur ces photos, sans besoin de commentaires

La mer ? La pire des barrières. Peut-être déjà bravée ailleurs dans la peur et la douleur, elle le sera encore, c’est sûr, s’il n’y a pas d’autre moyen. Pour un peu plus de sécurité. Pour un peu plus d’avenir.

D’autres aspects auraient pu être abordés sur la partie Est de Calais. J’ai choisi de ne pas le faire par respect pour tous les gens pour qui l’avenir s’est arrêté à Calais. J’adresse une pensée à ma grand-mère Virginie Théry épouse Lenaerts, par deux fois évacuée, qui m’a tout raconté.
Dans le prochain article, nous découvrirons comment le pouls économique de la zone portuaire continue de battre malgré les difficultés. Et nous parlerons quand-même d’avenir, avec le port de Calais 2015. Je conseille toutefois de parcourir deux pages sur les Hovercrafts ci après, car je ne pense pas en reparler.

Renseignements utiles :

Un soir à Grand-Fort Philippe

Nous passons sur la rive gauche de l’Aa. Un temps maussade aux rimes d’une chanson triste de Jacques Brel laissera la place à la lumière du soleil couchant et à des ambiances de prises de vue très changeantes.
De ce côté du fleuve, l’embouchure, cernée par la digue, crée une vaste vasière bordée de maisons. C’est là que l’ancien hameau de pêcheurs de Gravelines a donné peu à peu naissance à un véritable bourg, devenu autonome depuis seulement 1886 et peuplé aujourd’hui d’un peu plus de 5000 habitants.

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Les maisons et la vasière, vues de la digue

On est imprégné par l’ambiance particulière de Grand-Fort-Philippe… Une ambiance souvent propre à ce qui est au bout de tout. Grand-Fort est au bout du chenal. Au bout de Gravelines, au point même de s’en séparer. Au bout de la zone d’influence d’une langue aussi, le picard. C’est même une enclave au sein d’un territoire dominé par la tonalité flamande. Alors ici, on a bricolé quelque chose de spécifique. Il y a ainsi tout un vocabulaire qui n’appartient qu’à Grand-Fort-Philippe. Cela a bien évidemment renforcé des liens spécifiques à cette communauté villageoise, au point que chaque habitant se voyait doté d’un surnom par les autres : Grand bobo, Kerkmé, Berlou…

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Le Calvaire des marins, au bord de la digue, point d’ancrage d’une procession le 15 août.

La pêche et la dureté du métier de pêcheur à Islande, jusqu’au début du XXème siècle, a sans doute fortement contribué à renforcer ces liens humains. La pêche à Islande faisait partir les marins 6 mois durant, de mars à septembre, à la recherche de la morue. Les conditions de cette pêche dans les eaux islandaises sont particulièrement rudes et dangereuses. Rendu sur place, le bateau se met à la dérive. Car la pêche s’effectue à la ligne. Le pêcheur reste pendant plusieurs heures sur son « mât de misère » à jeter, puis à remonter une ligne montée par deux hameçons. D’autres marins se chargent de récupérer  ces lignes à bord et et « d’habiller la morue » en la vidant et la salant avant de la stocker dans un tonneau (le paquage). Les épouses, au port, vont nettoyer les prises et les stocker à nouveau (repaquage) avant qu’elles ne soient fumées. Comme à la mine, tout le monde y était, créant cet étonnant mélange de dureté et de proximité.

Aujourd’hui, la pêche, malgré sa modernisation, a déserté les quais. Le Minck (criée à poissons) de Grand-Fort-Philippe a fermé. Il reste deux saurisseries artisanales et deux musées de la mer, l’un dédié à la pêche à Islande, l’autre au sauvetage en mer, derniers témoins de l’activité économique passée.

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Les quais du Minck, criée aux poissons, désormais fermée.

Au bout d’un monde, au bout d’une terre et d’une histoire la nostalgie prend aisément la place.
Aucun élément de modernité n’a encore recouvert, par son agitation, la puissance évocatrice des marques du passé, encore visibles, mais vides comme le sont les quais du Minck de Grand-Fort-Philippe.

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Et c’est le coeur plein de nostalgie, du gris béton de la digue ou des quais du Minck que l’on peut contempler, du meilleur point de vue, « l’autre côté », auquel, curieusement, aucun pont n’accède : Petit-Fort-Philippe, avec son phare pimpant et sa plage dégagée, prisée, vivante (voir l’article précédent).
Des salles de bal, des lotos, il reste en encore, malgré le dénuement du chômage et le désoeuvrement de la jeunesse, un caractère à Grand-Fort (Fort Flip’, comme dit ici), et cela jusqu’au coeur des frites, que nos grosses mains invitent à revenir souvent, comme l’aurait chanté Jacques Brel.

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Prochaine étape dans la nature, sur le Platier d’Oye, précisément.

Renseignements utiles :
– Pour passer de Petit-Fort à Grand-Fort-Philippe, il faut remonter le chenal de l’Ae jusqu’aux portes de Gravelines, soit un détour d’environ 3 Km ;
– Pour visiter les Musées de la Mer et du Sauvetage de Grand-Fort-Philippe ;
– Une liste autant amusante qu’intéressante des surnoms donnés aux habitants de Grand-Fort-Philippe.