Malo

Malo, reine du nord

Malo porte le nom du fils du dernier corsaire dunkerquois, qui fut à l’origine de la station. Certes, nous sommes déjà à Dunkerque. La station balnéaire de Malo est rattachée à cette ville depuis 1970, mais n’empêche ! Malo garde suffisamment de caractère et de prestige pour se donner, quand elle veut un petit air de principauté sans rocher. Prestige de sa bande de carnaval. Prestige de son « Kursaal ». Prestige enfin et surtout de sa magnifique plage. Sans oublier ses belles demeures tournées vers la mer…

Dans les Flandres, le carnaval reste une tradition bien présente. Mais c’est incontestablement à Dunkerque et dans son agglomération que se tiennent les plus fameuses « bandes », dont les dates fluctuent au gré du mardi gras. On remonte au XVIIème siècle pour observer que les armateurs organisaient une fête pour les pêcheurs avant leur départ pour six mois de campagne en Islande. On profitait aussi de l’occasion pour verser aux pêcheurs la moitié du salaire en acompte. La forme actuelle du carnaval serait ensuite façonnée par diverses circonstances. Le travestissement, par exemple, est survenu par l’arrivée des masques dans la fête un jour où celle-ci s’est déroulée le mardi gras. Les ombrelles, pour leur part, ont investi le carnaval une fois où la météo a fortement suggéré l’usage de parapluies. Et depuis elles y sont restées… Le point culminant de ces festivités dunkerquoises, qui s’étalent sur trois mois, se situe au moment des « Trois joyeuses », trois jours de pure folie et d’allégresse, qui débutent le dimanche précédent mardi gras avec la « Bande des pêcheurs » et son lancé de harengs du haut du beffroi de l’Hôtel de ville de Dunkerque. La bande de Malo, qui se tient le dimanche qui suit le mardi gras, est parfois appelée la « Quatrième Joyeuse  » en raison d’une popularité n’enviant rien à ces trois soeurs aînées. La bande de Malo est aussi réputée pour être familiale. Les enfants y prennent part. Si Malo est un haut lieu du Carnaval, c’est aussi en raison des bals les plus renommés qui s’y déroulent, grâce à l’existence de l’imposant Kursaal (terme désignant des salles de loisirs des Flandres). Le Kursaal est en bord de mer. Le Bal du chat noir ouvre la saison carnavalesque du Kursaal… Le Bal des corsaires, grandiose, est le plus populaire. Tous ces bals ont des finalités philanthropiques depuis leur origine. Le bal des corsaires, par exemple, pourvoit d’importantes sommes pour soigner les enfants dunkerquois malades et contribue à financer la Société Nationale de Sauvetage en Mer (la SNSM).

Mais le Kursaal n’est qu’une boîte et le Carnaval, un roi bien éphémère… Le vrai souverain des lieux reste bien la mer. Sa reine, c’est incontestablement la plage. D’ailleurs on la dit reine des plages du nord. Et ce qui marque le royaume de Malo, c’est la marée humaine, cour improbable occupant mer, sable et digue au moindre beau jour. La foule évolue à pied, en vélo, en petite foulée, en rollers, en char, sur une planche, en short, en combinaison de plongée, en maillot de bain, ou sans, avec pagaie, sans pagaie, ou encore une glace, une couque suisse, un verre ou une coquille de moule à la main… Il n’y a guère qu’un ou deux chiens négligemment tenus en laisse pour troubler la paisibilité d’un patchwork d’activités pour le moins impressionant, digne d’une scène de rue filmée sur la planète Tatooine. Nous assistons à ce mélange de sérénités déambulantes à Malo, quartier dunkerquois calmé par un puissant antalgique dont le principe actif serait constitué de la lumière solaire et du lent mouvement des flots. Un front de mer comptant quelques superbes villas répond à sa manière à la superposition des activités humaines et donne un vrai cachet à la station, pourtant frappée par la guerre. L’opération Dynamo y a même laissé des épaves.

Renseignements utiles : – La digue de Malo fait bien son kilomètre. Plage et digue sont très praticables. – Malo dispose de nombreux commerces pour se ravitailler, de bars, de restaurants et d’un excellent glacier italien. – Voici un blog riche de vues plus ou moins anciennes de Malo et de son architecture. Il faut cliquer sur les articles. – Et pour le carnaval… C’est très riche sur internet. Et il y a pas mal de bon… Qui peut me suggérer le meilleur ?

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Les plages de Leffrinckoucke à Malo

Voir également le dossier thématique attaché : Le longe côte
Ainsi qu’un autre dossier : Le char à voile

C’est la quatrième sortie, nous voilà pour la première fois en pleine  journée et au soleil. Et un dimanche ! Le front de mer semble désert à Leffrinckoucke, commune « bipolaire  » dont la partie plage s’enchevêtre à celle de Malo-les-Bains.

 » Ca s’écrit vraiment comme ça ?! » C’est ce que demandent souvent les personnes n’étant pas du cru et n’ayant jamais mis les pieds dans les Flandres. C’est qu’à Leffrinckoucke (qui fut appelée aussi, « Leffringhehouc »), il n’y a pas si longtemps  qu’on y parlait flamand. Le site garde des traces d’occupation humaine depuis des siècles malgré l’ingratitude des lieux, et leur dépendance aux vicissitudes des envahisseurs et des flots. L’élévation du niveau de la mer a rompu le cordon dunaire littoral et inondé la plaine maritime pendant plusieurs siècles du Haut Moyen-Age. La « deuxième transgression dunkerquienne » ‘est le nom de cette remontée du niveau de la mer consécutive à un mouvement des fonds suivi de sédimentations. Par la suite, la mer s’est retirée (régression carolingienne) avant d’occuper à nouveau certains espaces (Dunkerquienne III). Bref, les gens ont du témoigner d’un grand courage non seulement en se protégeant de l’Anglais mais aussi en drainant, en canalisant, en implantant des dunes… L’obstacle économique ne nous empêcherait-il pas aujourd’hui d’en faire de même ? Si, très certainement…

Leffrinckoucke doit en tout cas son essor début XXème à l’installation d’un réseau de transport, à la création d’une belle plage et à l’installation de la première usine sidérurgique dunkerquoise, l’Usine des Dunes. La ville est dotée d’une place forte, le Fort des Dunes, qui joua un rôle de premier plan dans l’opération Dynamo de 1940 et dont la municipalité veut faire un « centre d’interprétation des grands conflits du XXème siècle« .

C’est en descendant sur la plage à la limite est de Leffrinckoucke que l’on se rend compte qu’une activité importante  participe par son mouvement de va et vient à créer le lien entre les deux bourgs. Cette activité réunit en même lieu les marcheurs, les longe-côte et surtout les chars à voile, dont la pratique a commencé non loin de là à Coxyde et la Panne, commune belge frontalière.

Il faut dire qu’ici, le sable est ferme comme il faut et l’estran est généreux. Avec un rien de brise, la marée basse et la saison qui l’est également (la vitesse des chars s’accomodant mal de la présence des vacanciers), les voiles mobiles se livrent à un manège gracile.

Renseignements utiles :
–  La plage de Leffrinckoucke est à une dizaine de kilomètres depuis la frontière belge. Un bus urbain (Dk’bus) y mène de  Dunkerque. Traversée du Camping du Perroquet  compris (voir article), compter 15 Km pour retourner à pied à Dunkerque.
– La Dune Dewulf constitue la troisième et dernière dune de Flandres. Les dunes de Flandres disposent d’un site de présentation didactique et de promenade, assez complet, une fois l’interface maîtrisée.
– Le Fort des Dunes est bien présenté sur le site de la municipalité.
– Un article  bien résumé de la Voix du Nord sur l’Usine des Dunes, installation visible à partir du point culminant de la Batterie de Leffrinckouke.