station balnéaire

Wimereux

La naissance d’une station balnéaire ressemble souvent à une partie de Sim City, Comme pour la majorité d’entre elles, la construction de la ville de Wimereux s’est jouée en version 1.9. Nichée entre la Pointe aux Oies et la Pointe de la Crèche, c’est en effet au 19ème siècle et à la révolution industrielle que la bourgade littorale doit, comme d’autres, sa raison d’être.

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Les jours heureux de Wimereux

Un empereur, d’abord, passe par là et décide de faire construire une ville pour sa Grande armée. Le projet ne se fait pas mais donne peut-être l’idée au maire de Wimille, dont dépend le hameau de Wimereux, de vendre des terrains pour y bâtir. Il se trouve aussi que le train y passe. Trop bien ! a-t-on du s’exclamer. Alors on construit une gare, puis une église et l’affaire est partie ! On est en 1867. Le train s’arrête pour la première fois dans ce hameau qui ne s’arrêtera plus, quant à lui, de grandir et de s’enrichir, jusque dans les années 30.

a54-100916-wimereux-22Le long du fleuve côtier, le Wimereux, auquel la ville doit son nom, on embrasse l’histoire des premiers pas de la ville : le pont ferroviaire, l’église, les premiers hôtels et le pont routier.

La crise (qui refroidit d’abord l’ardeur des Anglais jusqu’alors aussi déterminants dans l’essor de la ville que l’ont été les bourgeois et artistes nordistes et parisiens) puis la Seconde guerre ont stoppé l’élan de la première station balnéaire de la côte d’Opale, devenue commune autonome en 1899 et qui conserve encore aujourd’hui un charme indéniable, grâce à la plage et aux villas.

Au sortir de la guerre, Wimereux verra sa population renforcée par d’autres résidents, les « banlieusards » de Boulogne-sur-Mer, toute proche.

Et maintenant ?

De la frénésie de la Belle Epoque, il reste quelques villas , un véritable trésor pour l’Office de tourisme.

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Il reste aussi une promenade le long du perré souvent noir de monde.

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Bien sûr, la plage…

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Et les cabines de plages « customisées », curieusement étalées devant les entrées des maisons en front de mer…

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Sans oublier la station marine de Wimereux, qui devrait faire l’objet d’un prochain dossier…

L’avenir

Wimereux est une des stations les plus menacées par l’érosion littorale de la côte d’Opale. Chaque grande marée provoque l’assaut impressionnant des vagues que les brise-lame, disposés sur le perré, rendent plus spectaculaires qu’ailleurs…

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Le perré a cédé en 2015 aux coups de boutoir des flots lors des gros coefficients de février.

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Comme à Wissant, dans les premiers temps, on a procédé à l’enrochement des parties effondrées. Mais l’ensemble du perré semble fragilisé.

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Petit à petit s’éloignent le souvenir des courses à l’hippodrome et celui d’un certain Marconi, qui installa le premier télégraphe entre la France et l’Angleterre, ou plus loin encore, le « crash » du ballon dirigeable de Pilâtre de Rozier, première victime d’un accident aérien. La ligne de tramway jusque Boulogne a été démontée, le curieux train Renard desservant Ambleteuse et Audresselles mis à la casse. On vient maintenant chercher péniblement une place de parking pour quelques heures de soleil, d’écume, de frais, selon les caprices des saisons.

Mais cela en vaut bien la peine et Wimereux le mérite. La première station du littoral reste très belle.

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Prochaine étape : la Pointe de la Crèche !

Renseignements utiles :

• Tout pour la promenade tranquille, tout pour la baignade facile. Idem pour les sports nautiques. A part peut-être les chars à voile, il y a tout.
• L’histoire un peu plus détaillée de Wimereux est sur une page du site de la Ville. Pour une analyse beaucoup plus approfondie du patrimoine, de son histoire, de son identité, il est particulièrement intéressant de consulter ce dossier passionnant d’Olivier Lazzarotti sur le précieux site In Situ : Wimereux, station balnéaire de villégiature : la machine à habiter.
• Une fois n’est pas coutume, sur Wikipedia, un article assez bien fait sur les stations balnéaires : quand ? pourquoi ? comment ?
• Sur les aléas « Submersion marine » et les préconisations d’urbanisme, un pdf de la préfecture. Pour la carte qui concerne Wimereux, charger ici. A lire et à méditer avant d’acheter, de vendre ou de construire. Assez récemment (2014), l’évaluation des risques a été rehaussée.
• Un bel ouvrage, encore signé d’Olivier Lazzarotti, Rivages du Boulonnais, aux Editions A.M.A. Pour comprendre la dynamique du littoral et le fonctionnement de ses ouvrages de défense. Chaque foyer résidant entre Wissant et Wimereux devrait l’avoir !
• Le site du Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences, en attendant le dossier.

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Ambleteuse

A marée basse, par temps calme cette petite ville côtière est une reine. De ces reines nonchalantes et maternelles qui enveloppent de leur traîne tous les sujets : les baigneurs, les pêcheurs, les plaisanciers, les vendeurs de glaces et les promeneurs qui les mangent…

Ambleteuse, c’est l’endroit où je vais me baigner.

La plage n’est pas des plus accueillantes pour s’y allonger ou s’y tremper. Il y a bien du sable, mais pas en haut de plage. Il y a aussi des rochers. Il faut donc connaître un peu pour évoluer dans l’eau sans s’estropier. À cause de cela, la plage n’est donc pas remplie de baigneurs. Ceux qui se risquent se parlent, comme s’ils se connaissaient, comme si nager à Ambleteuse constituait une particularité qui les rendrait proches, complices… Ils partagent sans doute le goût des lieux un peu sauvages, un peu rebelles, un peu vivants.

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La plage est également vivante de la diversité de ses amateurs. On se plait à regarder tout en nageant les bateaux remonter au rythme du ballet des vieux tracteurs pimpants de couleurs, les chasseurs sous-marins ceinturés de leurs prises, les pêcheurs à pied courbés comme les paysans l’étaient jadis dans leurs champs, sans oublier les minots tantôt en botte, tantôt couverts d’une serviette de bain trois fois plus longue qu’eux.

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Les rochers donnent du caractère, mais surtout, il y a le fort. Un fort Vauban, puissant, trapu, en prise directe avec la mer comme on n’en voit plus souvent. Ce petit fort, vraiment, fascine. Il aliène notre regard. Tant et si bien qu’il parait inimaginable de prendre une photo présentant la ville sans que l’édifice ne soit au moins en arrière-plan.

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Le fort protégeait un port militaire aujourd’hui ensablé.

Le fort d’Ambleteuse a failli disparaitre comme celui d’Audresselles. Mais il a rencontré des amis qui l’ont à leur tour protégé.

Et puis, au cours du XIXème siècle les rivages d’Ambleteuse ont été désertés.  Alors que Napoléon prenait lui-même soin de cette position stratégique, par la suite, l’évolution des rapports avec l’Angleterre ne justifiait plus la présence d’une armada mouillant sur ce littoral. De plus, il n’y avait pas de pêcheurs, sans doute à cause de l’importance de la présence militaire dans une baie pas très grande. Le port, taillé le long de la rivière Slack s’est alors ensablé.

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Et les quelques pêcheurs qui s’y sont installés devaient déjà tirer sur le sable des navires adaptés, les flobards.
De pauvres gens qui « boutaient à flot » péniblement des navires, d’autres, encore plus pauvres, qui pêchaient à pied ou cueillaient les moules, avant la ruée vers les cabines de bain, c’était ça, Ambleteuse.

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Aujourd’hui, les tracteurs font le travail de mise à flots

Un parc à huîtres (dont on trouve encore les vestiges dans ce qui reste aussi de la baie) et une fontaine semblaient constituer les seules curiosités du secteur.

Il a fallu qu’un bourgeois éclairé dépasse le sentiment de désolation que semblaient provoquer les lieux pour croire à l’opportunité d’y édifier une station balnéaire que les deux grandes guerres ont abîmée et détournée de la plaisance sans vraiment y parvenir. A la première, les anglais, les portugais et même des chinois y étaient cantonnés. A la deuxième, une fois l’armée française en déroute, ce sont les allemands qui s’y sont installés pour veiller au Mur de l’Atlantique.

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L’oeil du fort a beau être fardé de béton depuis ce temps, le musée de la guerre a beau dominer les hauteurs de la ville et des navires militaires peuvent toujours s’exercer à l’horizon, rien n’y fait. Malgré l’atmosphère surannée que dégagent rues et maisons, Ambleteuse a changé de genre. Fini la guerre, place à la reine aux parfums de gaufre et de crème solaire que les belges, les allemands, les hollandais et les ch’tis ne se lassent pas de tartiner.

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Prochaine étape : la Pointe aux Oies

Renseignements utiles :

• L’agréable promenade le long du perré aboutit sur la Slack, au sud du fort. Cette barrière naturelle oblige à emprunter la rue de l’Ecluse jusque la D 940 qui traverse la Slack. Le petit parking en contrebas accède à un chemin pavé permettant de rejoindre la côte. Ce parking est le départ d’une promenade ravissante dans les dunes boisées et buissonnantes permettant de rejoindre la pointe aux Oies : la promenade de la Slack (on peut prolonger par la promenade de la baie de Saint-Jean).

• Pour approfondir ses connaissances, se procurer le livre de Daniel Leunens, Ambleteuse, une histoire moderne, aux éditions A.M.A. dont je n’ai qu’effleuré les histoires.

• Les Amis du Fort d’Ambleteuse à qui l’on doit de pouvoir admirer cet édifice aujourd’hui

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