Dossier 4 – Le matelotage

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Le matelotage concerne l’ensemble des travaux effectués sur les cordages d’un navire.
Les travaux de matelotage sont confiés au mateloteur…

Le mateloteur, un homme à la tête des nœuds…

Si tout matelot qui se respecte est en mesure d’effectuer des nœuds d’attache, des travaux de réparation des cordages pendant la navigation, ou encore diverses créations personnelles à base de nouages de cordes ou de ficelles qu’il réalisait sur le temps du repos, c’est au mateloteur, personnel qualifié et spécialisé, que revient la fabrication et l’entretien courant des ouvrages matelotés.

Champion des nœuds et assemblages de cordages, le mateloteur était jadis une personne clé. Mais la plupart de ses travaux n’ont quasiment plus étés nécessaires à l’arrivée de la vapeur : plus de  voiles ni de mâts, donc (presque) plus de cordages, donc plus de mateloteur…

Mais le regain d’intérêt pour les anciens bateaux et pour la propulsion à voile laisse présager le « revival » de la pratique…

En vertu du nombre de pièces concernées, le mateloteur n’était pas forcément à compter parmi le personnel de bord car l’essentiel de son travail s’effectuait en atelier ou à quai. D’ailleurs, de vieilles histoires racontent que le mateloteur, à l’instar du facteur dans des circonstances moins portuaires, avait la réputation de s’occuper des femmes des marins tandis que ces derniers étaient en mer.

Mais cela ne nous regarde pas. Nous-nous intéresserons surtout ici à découvrir cette pratique et particulièrement ses usages en navigation.

Or, à Dunkerque, il existe un passionné de matelotage, quoique pas seulement. Rencontré à la Fête du Flobart , Luc m’accueillera sur son « Bateau d’Intérêt Patrimonial », un BIP, le plus septentrional sans doute, la Goele, un superbe sloop. Et de partir dans son atelier de Petite Synthe via le port autonome de Dunkerque. Ah  ça oui ! J’ai compris que je n’allais pas quitter Luc de sitôt !… Et du coup, vous non plus. Autant vous le présenter…

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Luc Cartiaux, sur la Goele, un magnifique sloop ostréicole de 1937 qu’il a restauré.

Le mateloteur, un homme à voiles…

…Et comme on l’a dit, qui n’aime pas la vapeur ! Ce d’autant qu’il semble inutile de repasser la voilerie.

Plus sérieusement, pour faire fonctionner un bateau à voile, il faut :

  • Un ou plusieurs mâts, doté(s) d’espars (prolongement des mâts) et de barres horizontales obéissant à divers noms tels que les vergues, sur lesquelles les voiles sont étendues ;
  • Des manœuvres, qui sont des cordages servant à monter ou descendre une voile, ou encore la border (la tendre en quelque sorte) et la choquer (la détendre).
  • Des cordages de soutien du mât tels que haubans et étais.

Pour situer les différents éléments décrits nous-nous servirons d’une maquette de Luc (ben oui, Luc fait aussi des maquettes pour tuer le temps et celle-ci représente 5000 heures de travail…). En l’occurrence, il s’agit d’une extraordinaire reproduction de la Curieuse, ketch d’exploration disparu.

Cliquer sur la maquette. Les désignations correspondent à des termes utilisés dans le dossier.
MaquetteMatelotage

Tous Les éléments de cordage entrent dans la composition du gréement, avec d’autres pièces de métal et de bois permettant d’effectuer les réglages tels que poulies, caps de moutons, qu’il faudra insérer, fixer à ce système de cordage.

Le mateloteur se charge de ces assemblages et arrangements du gréement, dont voici quelques unes des principales techniques…

Cliquer sur les photos.

Le matelotage, ou les pare-chocs et airbags d’autrefois…

Le mateloteur avait aussi la charge de réaliser des pièces de défense du pont ou de la coque :

  • des nouages à plats tels que les badernes et les nœuds plats sur poulie comme le nœud de piton. Ce nœud plat protège le pont des poulies en cas de choc pouvant survenir notamment lors de manoeuvres lâches ;
  • des défenses frontales ou latérales ;
  • La protection des cordages eux-mêmes, avec des choucanes par exemple.

Cliquer sur les photos.

Rien ne se perd, tout se transforme

Les navires emmenaient du cordage à bord pour remplacer les pièces abîmées. Avec celles-ci, ou encore avec des chutes de cordage on confectionnait des choucanes ou d’autres objets tels que :

  • les pommes de touline ;
  • les sangles de manutention ;
  • des ouvrages personnels tels que les sacs de matelot, avec les anciennes toiles.

Cliquer sur les photos.

 

 

Bien d’autres réalisations encore…

Le mateloteur peut intervenir sur d’autres ouvrages pour peu qu’il y ait de la corde : décor du sifflet de bosco ou éventuellement, de la réparation (ramendage) de filets…

Si Luc et certains amis perpétuent la tradition d’un matelotage utilitaire en marine, le travail des cordes a amené des passionnés, dont la dextérité est particulièrement affirmée, à d’autres réalisations contemporaines à vocation purement esthétique et technique. Mais tout cela est du à la malice de la boîte du mateloteur de gréements et de tout autre ouvrage utile au navire et à ses marins.

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